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	<title>Communauté Franco-Polonaise</title>
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		<title>Bronislaw Komorowski invité aux cérémonies du 8 mai 2013</title>
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		<pubDate>Wed, 08 May 2013 16:21:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ce qu' en pense la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[La visite de Bronislaw Komorowski, Président de la République de Pologne, qui a eu lieu les 7 et 8 mai 2013 n&#8217;a guère été commentée par la presse française. C&#8217;est bien dommage, car bien des formules employées par le Président de la France le 7 mai montrent que cette visite &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1273">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La visite de Bronislaw Komorowski, Président de la République de Pologne, qui a eu lieu les 7 et 8 mai 2013 n&rsquo;a guère été commentée par la presse française.</p>
<p>C&rsquo;est bien dommage, car bien des formules employées par le Président de la France le 7 mai montrent que cette visite est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une avancée considérable dans la prise de conscience par la France que le point le plus faible de la politique de l&rsquo;Union Européenne est celui de sa politique militaire.  Cette avancée constitue un très grand progrès par rapport à ce qu&rsquo;a été la politique française des années 1933 &#8211; 1939 dans le domaine des alliances militaires. C&rsquo;est aussi un très grand progrès par rapport à ce qu&rsquo;a été l&rsquo;attitude française à l&rsquo;égard de la Pologne de 1989 jusqu&rsquo;à la guerre en Irak en 2003 , ce qui nous avait valu des commentaires du Président Jacques Chirac si peu amènes qu&rsquo;il ne semble pas opportun de les citer à nouveau aujourd&rsquo;hui  et les commentaires de la presse française pour qui  l&rsquo;attachement de la Pologne à l&rsquo;OTAN semblait incompréhensible et donnait matière à des explications toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Ces progrès  ne peuvent que satisfaire l&rsquo;ensemble des courants de l&rsquo;opinion publique en Pologne, ce qui explique qu&rsquo;à la différence de la presse française,  la presse polonaise de diverses tendances les a salués dans les articles publiés dès le 7 mai 2013.<span id="more-1273"></span></p>
<p>Il semblerait  aussi que les journalistes français continuent à être fort ignorants des raisons pour lesquelles, à défaut d&rsquo;avoir été invité aux cérémonies du débarquement en Normandie, le Président polonais avait tout à fait sa place dans une commémoration  qui est surtout celle de l&rsquo;armistice du 8 mai 1945.  Dans les maigres évocations historiques qui ont accompagné la transmission de la cérémonie sur les Champs-Elysées et à l&rsquo;Arc-de-Triomphe sur France 2,  aucune mention n&rsquo;a été faite du fait qu&rsquo;une brigade blindée de l&rsquo;armée polonaise  sous les ordres du gouvernement polonais  en exil s&rsquo;est reconstituée  en France en 1939, qu&rsquo;elle s&rsquo;est entraînée sous les ordres du général de brigade Stanislaw Maczek à  Coëtquidan et qu&rsquo;elle a combattu aux côtés des Français en juin 1940. Aucune mention de la participation des Polonais à la Résistance française. Il n&rsquo;y a pas eu non plus mention de la participation conjointe du corps expéditionnaire français et du deuxième corps de l&rsquo;armée polonaise  conduit par le Général Anders à la bataille du Mont-Cassin en mai 1944. Et encore moins d&rsquo;évocation du débarquement du premier corps de l&rsquo;armée polonaise sous les ordres de Stanislaw Maczek devenu Général d&rsquo;armée, en juin 1944  en Normandie, ni de sa participation aux opérations militaires de la Poche de Falaise!</p>
<p>La cérémonie du 8 mai 2013 a été une nouvelle occasion pour les journalistes français de rappeler le soulèvement du Ghetto de Varsovie en avril 1943,  mais l&rsquo;insurrection de Varsovie d&rsquo;août 1944 n&rsquo;a pas été évoquée. Il y a eu mention du massacre de Katyn, ce qui est un grand progrès, mais cette mention a été l&rsquo;occasion d&rsquo;une bourde  mémorable, puisque le journaliste qui a évoqué le massacre des officiers et des intellectuels polonais  nous a expliqué que, face à l&rsquo;avancée allemande, l&rsquo;URSS  a choisi de massacrer ces élites polonaises au lieu de les évacuer vers l&rsquo;intérieur des terres. Ces officiers et ces intellectuels ayant été massacrés au printemps 1940, alors que la fraîche alliance entre l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;URSS était toujours au beau fixe, le risque d&rsquo;une avancée allemande ne concernait pourtant que les états à l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Allemagne, ce que des journalistes français devraient quand même savoir!</p>
<p>Dans les liens historiques entre la France et la Pologne, les journalistes de France 2 ont mentionné l&rsquo;émigration politique polonaise du 19ème siècle, ainsi que les centaines de milliers d&rsquo;immigrés venus en France avant 1939 pour des raisons économiques. Mais les descendants de l&rsquo;émigration politique polonaise qui ont choisi de venir  en France en 1945 ont été oubliés. Or près de la moitié des membres de la Communauté Franco-Polonaise sont des descendants de cette autre vague de l&rsquo;émigration politique polonaise en France! D&rsquo;où le présent dépit de la CFP!</p>
<p>Comme la CFP est optimiste, elle ne boudera pas son plaisir de pouvoir publier ici quelques photos d&rsquo;amateur prises le 7 mai sur un des trottoirs des Champs-Élysées.</p>
<p><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Trottoir-des-Chaps-Elysées-7-mai-20132.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1288" title="Trottoir des Chaps-Elysées 7 mai 2013" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Trottoir-des-Chaps-Elysées-7-mai-20132-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>        <a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Près-du-George-V-7-mai-20131.jpg"><img title="Près du George V 7 mai 2013" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Près-du-George-V-7-mai-20131-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Leur auteur les faisait en pensant aux dernières lignes des mémoires de Jan Nowak, dans <strong><em>Courrier de Varsovie</em></strong>, Ed. Gallimard 1983: &laquo;&nbsp;Je me souviens du V-Day &#8211; le jour de la victoire sur l&rsquo;Allemagne &#8211; à Londres. Nous étions tous deux à Piccadilly Circus, amers et tristes, perdus dans la foule qui chantait et dansait, ivre de bonheur et de joie. Nos soldats n&rsquo;accompagnaient pas les troupes d&rsquo;une dizaine de nations dans le grand défilé de la victoire qui s&rsquo;étirait ce jour-là dans les rues de Londres inondées de soleil, et il n&rsquo;y avait pas de drapeau polonais.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Sous-terrain-Place-de-lEtoile-7-ai-20131.jpg"><img title="Sous-terrain Place de l'Etoile 7 ai 2013" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/05/Sous-terrain-Place-de-lEtoile-7-ai-20131-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Il pensait aussi aux dernières lignes de <strong><em>En guerre et en paix : journal de 1940-1944</em></strong>, Éd. Noir sur Blanc 1991, journal des années de guerre qu&rsquo;Andrzej Bobkowski a passées en France. Bobkowski y  raconte la crise de sanglots qui s&rsquo;est emparée de lui le 25 août 1944 sur le pont d&rsquo;Austerlitz à Paris,  quand il a  vu arriver un long cortège d&rsquo;ambulances conduites par de pimpantes jeunes femmes américaines, alors que simultanément  Varsovie insurgée était  saignée homme par homme et détruite pierre par pierre. Il  s&rsquo;en explique à l&rsquo;une des ambulancières ainsi: &laquo;&nbsp;Je suis polonais et je pense à Varsovie &#8211; dis-je à voix basse. &#8211; Ici, ils peuvent être heureux, à nous cela n&rsquo;est pas encore permis.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Cette permission ne sera donnée aux Polonais que 45 ans plus tard, le 19 août 1989, quand le Parlement polonais issu d&rsquo;élections quasi-libres nommera comme Premier Ministre Tadeusz Mazowiecki, une personne issue des rangs de Solidarnosc et non un membre du Parti Communiste Polonais!</p>
<p>Puisque que la presse française semble préférer les questions de politique économique et  culturelle  aux questions de politique militaire, puissent ces remarques de la CFP et les reproches que les  journalistes polonais ont faits à leurs  collègues de France 2 en ce 8 mai 2013 être suivis d&rsquo;une amélioration en ce qui concerne la connaissance de l&rsquo;histoire, une composante essentielle de la culture! D&rsquo;ores et déjà, la CFP invite les journalistes français à se rendre à la Bibliothèque Polonaise de Paris, où ils pourront consulter la plupart des ouvrages d&rsquo;histoire de la Pologne  publiés en Français ou être dirigés vers d&rsquo;autres bibliothèques parisiennes!</p>
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		<title>Ouverture du Musée d&#8217;Histoire des Juifs de Pologne</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 16:58:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actualité en Pologne]]></category>

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		<description><![CDATA[En cette période de célébration du 70ème anniversaire de l&#8217;Insurrection du Ghetto de Varsovie, le Musée d&#8217;Histoire des Juifs de Pologne vient d&#8217;ouvrir ses portes au public. Pour l&#8217;instant, seule une petite partie de l&#8217;exposition permanente est installée : il s&#8217;agit de la reconstitution du magnifique plafond peint et du &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1258">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En cette période de célébration du 70ème anniversaire de l&rsquo;Insurrection du Ghetto de Varsovie, le Musée d&rsquo;Histoire des Juifs de Pologne vient d&rsquo;ouvrir ses portes au public.</p>
<p>Pour l&rsquo;instant, seule une petite partie de l&rsquo;exposition permanente est installée : il s&rsquo;agit de la reconstitution du magnifique plafond peint et du toit de  la synagogue en bois de Gwozdziec (localité actuellement en Ukraine). Cette synagogue  construite en 1640 fut incendiée  par les nazis  pendant la seconde guerre mondiale, comme le furent toutes les nombreuses synagogues en bois de cette région. Sa reconstitution est le fruit du travail de deux architectes, Kazimierz et Maria Piechotko, qui ont consacré une grande partie de leur vie à l&rsquo;étude de l&rsquo;architecture sacrée des Juifs de Pologne.</p>
<p>Nous vous invitons à découvrir la superbe réalisation architecturale qu&rsquo;est le Musée et les activités  qui y sont organisées  sur ce <a href="http://www.jewishmuseum.org.pl/en/cms/home-page/">LIEN</a>.</p>
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		<title>Colloque international Bruno Schulz du 21 au 23 mars 2013</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 13:22:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[Bruno Schulz lu et interprété en Europe centrale Entre modernisme et modernité   Affiche du colloque : ICI Cet écrivain, peintre, graveur  et dessinateur  juif polonais de Drohobycz assassiné en 1942, un des écrivains de langue polonaise sans doute le plus souvent traduit, lu et commenté dans le monde,  est devenu &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1239">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Bruno Schulz lu et interprété en Europe centrale</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> Entre modernisme et modernité</strong></p>
<p style="text-align: center;">  Affiche du colloque : <span style="color: #000080;"><strong><span style="color: #000080;"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/03/affiche7-shulz.pdf">ICI</a></span></strong></span></p>
<p>Cet écrivain, peintre, graveur  et dessinateur  juif polonais de Drohobycz assassiné en 1942, un des écrivains de langue polonaise sans doute le plus souvent traduit, lu et commenté dans le monde,  est devenu l&rsquo;emblème de l&rsquo;artiste juif englouti par la Shoah. Admirateur de Rainier Maria Rilke, Franz Kafka et Thomas Mann,  inspirant à son tour des écrivains qui  font de lui le personnage de leurs fictions, il incarne dans l&rsquo;imaginaire contemporain le destin exemplaire de l&rsquo;artiste au destin brisé par l&rsquo;impensable trou noir du XXe siècle et a suscité un questionnement fécond de la critique littéraire sur l&rsquo;art moderne.</p>
<p>COMITÉ SCIENTIFIQUE DU COLLOQUE<br />
Fleischer Alain (Centre d’Art, Le Fresnoy)<br />
Galmiche Xavier (Université Paris-Sorbonne)<br />
Goldfarb David (Columbia University, USA)<br />
Jarzebski Jerzy (Université Jagellonne, Pologne)<br />
Markowski Michal Pawel (University of Illinois, USA)<br />
Prstojevic Alexandre (Inalco)<br />
Salgas Jean-Pierre (École d’architecture de Marne- la-Vallée)<br />
Smorag-Goldberg Malgorzata (Paris-Sorbonne)<br />
Van Heuckelom Kris (Université de Leven, Belgique)<br />
Vrinat-Nikolov Marie (Inalco)<br />
Tomaszewski Marek (Inalco)</p>
<p>- <strong>Jeudi 21 mars 2013</strong> à l&rsquo;Auditorium de l&rsquo;INALCO 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris de 9 h 00 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30: journée consacrée à la poétique de l&rsquo;œuvre de Bruno Schulz<br />
- <strong>Vendredi 22 mars 2013</strong> à l&rsquo;Auditorium de l&rsquo;INALCO 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30: journée consacrée à la réception de l&rsquo;œuvre de Bruno Schulz en Europe centrale<br />
- <strong>Samedi 23 mars 2013</strong> à l&rsquo;Amphithéâtre Guizot 17 rue da Sorbonne 75005 Paris de 9 h30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30: journée consacrée à Bruno Schulz vu au théâtre, au cinéma et d&rsquo;autres arts.</p>
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		<title>Ciné-club le 22 mars 2013</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Mar 2013 10:18:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[Ciné-Club de la Communauté Franco-Polonaise Films polonais en VO  sous-titrés en français Maison des Associations 38  Boulevard Henri IV    75004 Paris Entrée: 3 rue Lesdiguières Vendredi  22 mars 2013 à 19 heures   Fear of  falling   de  Bartosz Konopka  (2011) Tomek, journaliste à la télévision, a une vie parfaitement organisée. &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1233">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong>Ciné</strong><strong>-</strong><strong>Club de la Communauté Franco-Polonaise</strong></p>
<p align="center"><strong>Films polonais en VO  sous-titrés en français</strong></p>
<p align="center"><strong>Maison des Associations</strong></p>
<p align="center"><strong>38  Boulevard Henri IV    75004 Paris</strong></p>
<p align="center"><strong>Entrée: 3 rue Lesdiguières</strong></p>
<p align="center"><strong>Vendredi  22 mars 2013 à 19 heures</strong></p>
<p align="center">  <strong><em>Fear of  falling</em></strong>   de  <strong>Bartosz Konopka</strong>  (2011)</p>
<p align="center"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/03/Fear-of-Falling-poster-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1234" title="Fear-of-Falling-poster-[1]" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/03/Fear-of-Falling-poster-1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a></p>
<p>Tomek, journaliste à la télévision, a une vie parfaitement organisée. Mais il est le seul à pouvoir aider son père qui vient d&rsquo;entrer dans un hôpital psychiatrique. Il décide de vendre l&rsquo;appartement de son père. Puis les visites qu&rsquo;il lui rend l&rsquo;amènent à  découvrir le monde de la folie et à se découvrir lui-même.</p>
<p align="center"><strong>Entrée libre dans la mesure des places disponibles</strong></p>
<p align="center"><strong>Réservation</strong> par mail : <strong>cfp.secretariat@gmail.com</strong></p>
<p align="center">Tel:   <strong>01 43 78 23 35</strong>   ou    <strong>06 81 68 87 61</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Rencontre autour de livres</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Feb 2013 19:01:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[Palabres centre-européennes Mardi 19 février 2013 à 19 heures Panorama des livres sur l&#8217;Europe Centrale au Centre Tchèque 18, rue Bonaparte Paris 6ème Le Centre tchèque, sur l’initiative du CIRCE (Centre Interdisciplinaire de Recherches Centre-Européennes) de l’Université Paris-Sorbonne et l’Association Adice, vous invitent à la séance animée par Clara Royer (Université &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1228">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Palabres centre-européennes</strong><br />
<strong>Mardi 19 février 2013 à 19 heures</strong><br />
<strong>Panorama des livres sur l&rsquo;Europe Centrale</strong></p>
<p style="text-align: center;">au <strong>Centre Tchèque </strong><br />
<strong>18, rue Bonaparte Paris 6ème</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>Le Centre tchèque, sur l’initiative du CIRCE (Centre Interdisciplinaire de Recherches Centre-Européennes) de l’Université Paris-Sorbonne et l’Association Adice, vous invitent à la séance animée par Clara Royer (Université Paris-Sorbonne, CIRCE)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Domaine polonais</strong><br />
• <span style="color: #000080;">Stefan Chwin</span>, <span style="color: #000080;"><em><strong>Hanemann</strong></em></span>, traduit du polonais par Lydia Waleryszak, Circé, Belval (Vosges), 2012. Présenté par Kinga Siatkowska-Callebat, Université Paris-Sorbonne et CIRCE.</p>
<p style="text-align: justify;">
<strong>Domaine yiddish</strong><br />
• <span style="color: #000080;">Israel Joshua Singer, <em><strong>Au bord de la mer Noire et autres histoires</strong></em></span>, traduit du yiddish par Monique Charbonnel, Paris, Denoël, 2012. Présenté par la traductrice.</p>
<p style="text-align: justify;">
<strong>Domaine tchèque</strong><br />
• <span style="color: #000080;">Ladislav Klima</span>, <em><strong><span style="color: #000080;">Les Souffrances du prince Sternenhoch</span> : roman grotesque</strong></em>, traduit du tchèque par Erika Abrams, Paris, la Différence, 2012. Présenté par Mateusz Chmurski, Université de Lorraine et CIRCE.<br />
• <span style="color: #000080;">Arnošt Lustig</span>,<span style="color: #000080;"> <em><strong>La Danseuse de Varsovie : prière pour Katarzyna Horowitz</strong></em></span>, traduit du tchèque par Erika Abrams, Paris, Galaade éditions, 2012. Présenté par Sabina Flahou, Université Paris-Sorbonne.</p>
<p style="text-align: justify;">
<strong>Domaine est-européen</strong><br />
• <em><strong><span style="color: #000080;">« La chute de l&rsquo;URSS : une fin d&rsquo;empire »</span></strong></em>, t<span style="color: #000080;">extes recueillis et présentés par Ann</span>e-Marie Monluçon, Anna Saignes et Agathe Salha, <span style="color: #000080;">revue Recherches &amp; travaux, n° 80</span>, <span style="color: #000080;">Grenoble, ELLUG, 2012</span>. Présenté par Agathe Salha, Université Stendhal–Grenoble 3.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
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		</item>
		<item>
		<title>La CFP vous invite au cinéma</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2013 18:53:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1218</guid>
		<description><![CDATA[ Ciné-Club de la Communauté Franco-Polonaise Films polonais en VO  sous-titrés en français / Programmation 2013 Maison des Associations 38 Boulevard Henri IV   75004 Paris   (Entrée rue Lesdiguières)   Vendredi  8  février 2013  à  19 heures  Toys  (Zabawki),   documentaire  de  Andrzej Wolski   (2011) Présentation par le metteur en scéne Les &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1218">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><strong> Ciné-Club de la Communauté Franco-Polonaise</strong></p>
<p align="center"><strong>Films polonais en VO  sous-titrés en français / Programmation 2013</strong></p>
<p align="center"><strong>Maison des Associations </strong></p>
<p align="center"><strong>38 Boulevard Henri IV   75004 Paris  </strong></p>
<p align="center">(Entrée rue Lesdiguières)</p>
<p align="center"><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p align="center">Vendredi  8  février 2013  à  19 heures</p>
<p align="center"> <strong><em>Toys</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em> </em></strong>(<em>Zabawki</em>),   documentaire  de  <strong>Andrzej Wolski</strong>   (2011)</p>
<p align="center">Présentation par le metteur en scéne</p>
<p align="center"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/Zabawki1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-1220" title="Zabawki" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/Zabawki1.png" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Les Polonais surprennent par leur créativité. D&rsquo;où leur vient-elle? Des célébrités dela Pologneactuelle racontent les trésors d&rsquo;imagination qu&rsquo;ils durent mettre en œuvre dans leur enfance pour transformer en jouets les objets les plus dérisoires: un peigne, des pièces de monnaie, un bout d&rsquo;élastique, des capsules&#8230;.</p>
<p align="center">Projection grâce à l&rsquo;amabilité de l&rsquo;Institut Adam Mickiewicz</p>
<p align="center"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/noname.jpg"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-1223" title="noname" src="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/noname-150x57.jpg" alt="" width="150" height="57" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong><strong>Entrée libre dans la mesure des places disponibles</strong></p>
<p align="center"><strong>Réservation</strong> par mail : <strong>cfp.secretariat@gmail.com</strong></p>
<p align="center">Tel:   <strong>01 43 78 23 35</strong>   ou    <strong>06 81 68 87 61</strong></p>
<p align="center"><strong>Site Internet</strong>:   <strong>www.communaute-franco-polonaise.org</strong></p>
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		<title>L&#8217;enseignement du polonais en France: histoire et perspectives d&#8217;avenir</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 12:36:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les conférences de la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[Kinga Siatkowska-Callebat Université de Paris-Sorbonne Chargée d’une mission d’inspection en polonais par l’IGEN Pour lire la conférence en PDF, cliquer ICI Lorsque l’on considère l’histoire de l&#8217;enseignement du polonais en France dans son ensemble, plusieurs traits majeurs semblent se dégager. D’une part, les liens étroits qui unissent le rayonnement de la &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1195">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kinga Siatkowska-Callebat</strong></p>
<p><strong>Université de Paris-Sorbonne</strong><br />
<strong>Chargée d’une mission d’inspection en polonais par l’IGEN</strong></p>
<p>Pour lire la conférence en PDF, cliquer <strong><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/Lenseignement-du-polonais.pdf">ICI</a></strong></p>
<p align="JUSTIFY">Lorsque l’on considère l’histoire de l&rsquo;enseignement du polonais en France dans son ensemble, plusieurs traits majeurs semblent se dégager. D’une part, les liens étroits qui unissent le rayonnement de la langue et de la culture polonaise et la situation politique du pays　: à commencer par les débuts, désormais mythiques, au Collège de France, en passant par les créations des principales chaires de polonais ou l’instauration des moniteurs de langue, jusqu’à l’ouverture du concours de l’Agrégation. Cette résurgence de l’Histoire (avec un grand «　H　») dans la petite histoire de l’enseignement du polonais est certainement plus frappante que pour d’autre langues étrangères enseignées aux Français. D’autre part, les variations de l’offre s’accompagnent de changements de profil des élèves ou des étudiants. Le public qui suit les cours de polonais en 1840 n’est pas le même  qu’en 1982 ou qu’en 2012. Les méthodes utilisées s’adaptent à ce public, tout en suivant l’évolution méthodologique dans l&rsquo;ensemble de l’enseignement des langues vivantes. Cet enseignement bénéficie (pour ne pas dire qu&rsquo;il est tributaire) des relations polono-françaises tout autant que de la politique didactique de la France, notamment dans le domaine des langues vivantes. Reprenons tout d’abord, les grandes lignes de l’évolution de la place qu’occupe le polonais  durant les 172 années qui se sont écoulées  entre  ses débuts et aujourd’hui.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Les origines des études polonaises en France</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Jacques Veyrenc, auteur de <em>l’Histoire de la slavistique en France</em>, ouvrage s’intéressant avant tout à l’enseignement du russe dans le pays de Voltaire, constate une chose qui nous importe au premier chef: l’intérêt pour les études slaves en général est arrivé en France via l’intérêt et la sympathie française pour la Pologne. Bien <span id="more-1195"></span>évidemment, la Russie de Pierre le Grand ou de Catherine II trouvèrent des sympathisants en France dès le 18ème siècle et  plusieurs ouvrages furent consacrés à la langue et à la culture russe, mais l’enseignement du russe en tant que tel ne débutera qu&rsquo;en 1840 avec la création de la chaire de «　La langue et la littérature slave　» , le tout au singulier – ce qui peut paraître bien singulier aux slaves concernés! Car cette chaire fut dédiée à Adam Mickiewicz et son élaboration est le fruit d’un projet de l’Hôtel Lambert construit à l’initiative de Adam Jerzy Czartoryski. Ce projet n’aurait sans doute pas vu le jour, ou en tout cas pas sous cette forme, s’il n’y avait pas eu à l&rsquo;époque près de dix milles réfugiés polonais accueillis en France après l’insurrection de 1830. Dans le cours du grand poète romantique, l’accent est mis sur la &laquo;&nbsp;littérature&nbsp;&raquo; polonaise essentiellement, sans cependant oublier les autres cultures slaves, mais avec peu de sympathie pour les Russes. Mickiewicz quitte cette chaire en 1844. L’enseignement de «　la　» langue et littérature slave est alors confié à Cyprien Robert dont le successeur en 1857 sera Léonard Chodźko. Celui-ci assure les cours au Collège de France jusqu’en 1883 avec une approche qui, elle aussi, est essentiellement polonophile. Autrement dit, durant plus de 40 ans, l’enseignement des langues et littératures slaves s’effectue sous l’enseigne polonaise, même si les études comparatistes y ont une place de plus en plus grande.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Les XXe et  XXIe siècles</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Cependant, c’est seulement en 1917, lorsque Zygmunt Lubicz-Zaleski commence à assurer des cours de polonais à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) qu’il sera possible d’apprendre le polonais en France. Zygmunt Lubicz-Zaleski poursuit cet enseignement jusqu’en 1920. En 1921,  ce même établissement se voit doté d’une chaire de polonais  confiée à l’éminent grammairien et historien Henri Grappin, auteur de l’unique grammaire polonaise qui ait été éditée  en français .</p>
<p align="JUSTIFY">Quelques années plus tard,  en 1927, est créé à l’Université de Lyon un lectorat de langue polonaise. Quant à l’enseignement du polonais à l&rsquo;université, il débute à l’Université de Lille, dans une région où vit une importante minorité polonaise. Puis,  une section de polonais est ouverte en 1935 à la Faculté de lettres de Toulouse　; elle donnera plus tard naissance au Département de Langues slaves de l’Université du Mirail.</p>
<p align="JUSTIFY">À la veille de la Deuxième Guerre mondiale, l’enseignement du polonais bénéficie d’une situation relativement privilégiée qui se concrétise par la création le 29 juillet 1938 du concours de l’agrégation de polonais ; celui-ci ne sera cependant opérationnel que quarante années plus tard, soit en 1978.</p>
<p align="JUSTIFY">L’immédiat après-guerre est une période difficile pour le développement de l’enseignement du polonais en France,  essentiellement pour des raisons politiques. Il faudra attendre la fin des années 1950 pour que la situation évolue favorablement. L’année 1961 est particulièrement fructueuse, puisque deux chaires de professeur de polonais sont créées : l’une à la Sorbonne, où des cours de littérature polonaise sont dispensés à partir de 1952 par Jean Fabre, et la seconde à Nancy, un autre lieu fort de l’émigration polonaise.</p>
<p align="JUSTIFY">Au début des années 2000, il existait en France quatorze établissements d’enseignement supérieur, dont quatre assuraient un cursus complet de polonais LLCE　: Licence, Master et Doctorat. A la rentrée 2012, trois établissement supérieurs proposent le cycle LMD-LLCE :   l’Institut national des langues et cultures orientales (INALCO) et  l’université Paris-Sorbonne (anciennement Paris IV) dans la capitale, ainsi que l’université Charles de Gaulle à Lille. L’Université de Nancy 2 propose le cycle LEA en présentiel, alors que la licence, le Master et les études doctorales LLCE sont assurés depuis 2009 par un cursus de téléenseignement.  Par ailleurs, la licence de polonais LLCE est proposé par l’université de Toulouse II – le Mirail, et de nombreux centres proposent le DU de polonais et/ou l’enseignement de cette langue dans le cadre des études en LEA　: l&rsquo;université de Bourgogne à Dijon, les universités de Caen, d’Aix-Marseille, de Bordeaux et de Lyon, alors que des modules optionnels proposant l’initiation à la langue sont assurés également par l’Université de Picardie, celles de Strasbourg, de Grenoble et de Montpellier. Enfin, dans le cadre de la formation continue, les cours de polonais sont assurés par le Centre de civilisation polonaise auprès de Paris-Sorbonne.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>L’enseignement primaire et secondaire</strong></p>
<p align="JUSTIFY">La vocation première des établissements supérieurs qui proposent cet enseignement est de familiariser le public francophone avec la langue polonaise, en tant que langue étrangère parmi d’autres, et avec la culture de ce pays. Cependant, le polonais est également une langue de la diaspora en France. Plusieurs vagues successives, à commencer par celle d’après l’insurrection de 1830, en passant par l’émigration économique des années 1920, jusqu’à l’émigration des années 1980, ont amené sur le sol français des familles avec des enfants en âge d’être scolarisés. Sans entrer dans les détails de cette histoire complexe – pour plus de précisions, on peut consulter un ouvrage publié en 1994, qui est le fruit des minutieuses recherches d’Edmond Gogolewski de l’Université  Lille 3 -,   nous pouvons diviser la longue période qui va des années 1830 jusqu’à nos jours en deux périodes　: la première, où l’enseignement du polonais (qui comprend souvent bien plus que la seule langue) est essentiellement entre les mains des Polonais, c&rsquo;est-à-dire de　 différents organismes religieux ou laïcs aidés par les Polonais vivant dans le pays; et la deuxième période, où les autorités françaises mettent en place de manière progressive un enseignement bien institutionnalisé, surtout depuis la mise en place du concours de l’agrégation.</p>
<p align="JUSTIFY">Tout d’abord, c’est encore à l’initiative du prince Adam Czartoryski que la Société de Secours aux Etudiants, fondée en 1832, créa les premiers «cours militaires» des polonais à Bourges, Besançon, Dijon, Avignon, Châteauroux, Cahors et Paris et que des écoles polonaises ont été ouvertes à Nancy (1833) et à Orléans (1834). Ces premières institutions n’ont cependant pas pu œuvrer longtemps, faute de moyens financiers suffisants, et la Société elle-même cessa ses activités en 1847. En revanche, une nouvelle institution,  financée cette fois par les Polonais de Pologne et fondée par la Société d’Education nationale des enfants des émigrés polonais, a ouvert ses portes en 1844, d’abord rue des Fossés-Saint-Jacques, puis dans le faubourg des Batignolles (d&rsquo;où son nom d&rsquo; Ecole polonaise des Batignolles). Après la chute de l’insurrection de Janvier de 1863, les dons versés pour les besoins de l’école diminuèrent de façon catastrophique. C’est alors que le gouvernement français accepta de venir en aide en versant une subvention à l’école polonaise des Batignolles et en lui attribuant la qualité d’établissement public.</p>
<p align="JUSTIFY">A partir de ce moment-là, les deux acteurs, français et polonais, vont œuvrer de concert dans le domaine de l’enseignement primaire et secondaire en France qui connaitra des périodes de clandestinité relative, une clandestinité cependant tolérée par les autorités françaises, et qui bénéficiera d’une aide régionale plus prononcée notamment dans le Nord-Pas de Calais, en Normandie ou à Paris&#8230;.</p>
<p align="JUSTIFY">Tout comme les études polonaises dans le supérieur, les cours de langue dans les écoles subissent les aléas de l’Histoire, faisant parfois l’objet de pressions politiques. C’est ainsi qu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, les écoles privées des anciennes compagnies minières passent sous contrôle de Varsovie et que, en raison de leurs activités politiques, les moniteurs polonais sont priés de quitter la France. La Pologne riposte à cette décision par le renvoi des professeurs français, exerçant dans le pays. C’est alors que les organisations polonaises de France interviennent auprès du ministère de l’éducation français pour qu’un enseignement du polonais destiné aux enfants polonais scolarisés en France soit assuré par des moniteurs indépendants n’entrant pas dans les rapports de force des camps adverses de la guerre froide. En 1949, un statut particulier est proposé  aux moniteurs de polonais qui feront  exception dans le paysage de l’éducation nationale en France jusqu’à nos jours. Actuellement, 11 monitrices assurent des cours de polonais facultatif dans les écoles primaires, plus rarement dans les collèges, en conduisant parfois leurs élèves jusqu’au baccalauréat, si aucun enseignement n’est proposé dans le secondaire de leur secteur. Elles sont réparties entre le Nord-Pas de Calais, Strasbourg et l’Ile de France. Mais leur statut particulier pose un certain nombre de problèmes administratifs et rend leur enseignement très précaire. En effet, bien que le nombre  d’élèves soit important, certaines monitrices intervenant dans une dizaine d’établissements et pouvant avoir jusqu’à 200 élèves, depuis quelques années, chaque départ à la retraite d’une monitrice se solde  par la fermeture des cours ou par la répartition des élèves entre d’autres monitrices de la région. C’est ainsi que l’enseignement du polonais a disparu en Normandie, alors qu&rsquo; une forte minorité polonaise était encore présente dans cette région  au milieu du XXe siècle.</p>
<p align="JUSTIFY">L’enseignement du polonais LV3 existe dans les lycées publics depuis les années 1950. L’instauration du concours de l’agrégation en 1978 contribue à la relative pérennisation de ces cours qui, actuellement,  sont assurés dans huit lycées et un collège dans le secteur public (Lille, Lens, Neoux-les-Mines, Béthune, Fouquières-les-Lens, Paris, Vanves, Bordeaux et Toulouse), ainsi que plusieurs établissements privés, sous ou hors contrat.</p>
<p align="JUSTIFY">À cela il faut rajouter quatre établissements internationaux dotés de sections polonaises à Lyon, Strasbourg, Saint-Germain en Laye et Paris. Les deux premiers proposent un cursus complet allant du Cours Préparatoire jusqu’au baccalauréat, les deux autres proposant le polonais au collège et au lycée. Il s’agit d’une formation d’excellence destinée à des élèves maitrisant bien la langue polonaise. C&rsquo;est pourquoi un test de niveau détermine l’admission dans la section. Les élèves de ces lycées présentent l’Option Internationale du Baccalauréat (OIB) qui est composée d’un baccalauréat français auquel on ajoute la langue et la littérature polonaise,  ainsi que l’histoire et la géographie polonaises enseignées en polonais. L’OIB français est reconnu par la majeure partie des universités polonaises, permettant ainsi aux élèves d’entreprendre des études supérieures en Pologne. Très actives et appréciées par les établissements qui les accueillent, les sections internationales polonaises ont de plus en plus d’élèves, et de nouvelles initiatives de création, comme celle qui émane du lycée Charles de Gaulle à Dijon, démontrent l’intérêt croissant des Français pour ce type d’enseignement.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Bilan et perspectives</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Comme nous venons de le voir, l’enseignement du polonais en France a connu une évolution importante par rapport à ses débuts au XIXe siècle. D’une part, le nombre des établissements de tous niveaux connait une croissance importante tout au long du XXe siècle. Notons que, pour bien mesurer l&rsquo;ampleur du phénomène, il faudrait mentionner les cours privés ou associatifs   qui sont légion et que cette présentation ne  prend pas en compte,  pas plus qu&rsquo;elle ne prend en compte l’offre proposée par les autorités polonaises. D’autre part, le statut de la langue évolue: autrefois langue de  diaspora exotique et méconnue des Français, elle est désormais devenue une langue étrangère d’un grand pays de l’Union Européenne, véritable partenaire politique et économique de la France.</p>
<p align="JUSTIFY">Cependant,  dans le contexte de réformes visant des économies budgétaires, le maintien de l’offre d&rsquo;enseignement du polonais dans les écoles et les universités françaises s’avère extrêmement difficile. Chaque année, on se heurte à des difficultés d’ordre administratif et à des menaces  de fermeture des «petites sections». Un autre souci est   le  problème de la réactivation de l’agrégation de polonais, car ces dernières années, le concours  n&rsquo;a été proposé qu&rsquo; en 2005 et 2010 et a été «　suspendu　» depuis. Dans le contexte des départs à la retraite des premiers agrégés de polonais, ce gel  s’avère catastrophique.</p>
<p align="JUSTIFY">En matière d&rsquo;économies budgétaires, on pourrait certainement tirer des leçons de l’exemple de la réussite des sections internationales qui sont d’obédience mixte,  l’enseignement et les programmes étant approuvés conjointement par les ministères français et polonais, les locaux  offerts par le partenaire français et  les enseignants rémunérés par la Pologne.</p>
<p align="JUSTIFY">Pour conclure, il semblerait qu&rsquo;une collaboration  étroite entre les autorités polonaises et françaises soit indispensable pour pérenniser  la présence et le développement de la langue polonaise en France. En effet, cette collaboration donne  de très bons résultats dans le supérieur.  Le double Master français-polonais proposé depuis 2007 par l’université de Paris-Sorbonne et celle de Varsovie connaît une évolution importante. Sur son exemple vient d’être créée une structure comparable à Bruxelles. L’Institut des Sciences Politiques de Paris, avec son antenne à Dijon, propose également un double diplôme Science Po – Szkoła Główna Handlowa (Varsovie). Sans verser dans  une vision idéaliste, car la préoccupation de la sauvegarde de l&rsquo;offre existante  nous voile parfois la perspective, force est de constater que cette collaboration polono-française est particulièrement  bien réussie, et que c’est dans ce sens qu’il faudrait sans doute œuvrer dans les années à venir.</p>
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		<title>L&#8217;enseignement des langues étrangères en Pologne: place du français et ouverture sur le monde</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 12:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>
		<category><![CDATA[Les conférences de la CFP]]></category>

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		<description><![CDATA[Anna Darska, Vice-présidente de l’Association d’Amitié Pologne-France (TPPF) Pour lire la conférence en format PDF, cliquer ICI L&#8217;Association d&#8217;Amitié Pologne-France (en polonais Towarzystwo Przyjaźni Polsko-Francuskiej) dont je suis vice-présidente actuellement est une association qui fonctionne depuis 70 ans, avec des interruptions liées aux événements politiques qui ont affecté l&#8217;Europe et plus &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1189">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Anna Darska,</strong></p>
<p><strong>Vice-présidente de l’Association d’Amitié Pologne-France (TPPF)</strong></p>
<p>Pour lire la conférence en format PDF, cliquer <strong><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/Intervention-Anna-Darska-1.pdf">ICI</a></strong></p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;Association d&rsquo;Amitié Pologne-France (en polonais Towarzystwo Przyjaźni Polsko-Francuskiej)<span style="font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="font-family: Times New Roman; font-size: medium;"> </span></span><span style="font-size: medium;">dont je suis vice-présidente </span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">actuellement est une association qui fonctionne depuis 70 ans, avec des interruptions liées aux événements politiques qui ont affecté l&rsquo;Europe et plus particulièrement la Pologne. Née à Gdynia, port proche</span></span><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"> de Gdańsk</span></span></span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;"> construit dans l&rsquo;entre-deux-guerres avec la participation de la France, elle a été réactivée en 1972. Sa fonction est de promouvoir la culture et la  langue française en Pologne. Actuellement, elle compte  20 sections et </span></span><span style="font-size: medium;">environ </span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">3 000 membres.  Cette association étant un organisme non gouvernemental, </span></span><span style="font-size: medium;">cela me</span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">  donne</span></span><span style="font-size: medium;"> toute</span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;"> liberté de parole pour faire une  description, que j’espère  objective</span></span><span style="font-size: medium;">, </span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">de la situation de l&rsquo;enseignement des langues étrangères et plus particulièrement du Français en Pologne.  Cependant je regrette que la situation que je vais décrire ne réponde pas aux   espoirs d&rsquo;un auditoire français. Je commencerai par une présentation des données statistiques qui permettent de faire un diagnostic objectif, avant de présenter une réflexion sur les causes qui permettra de rechercher des voies de sortie d&rsquo;une situation qu&rsquo;il n&rsquo;est pas exagéré de qualifier de désastreuse.</span></span></p>
<p align="CENTER">*****</p>
<p align="JUSTIFY">Concernant la situation de l&rsquo;enseignement des langues étrangères en Pologne, <span id="more-1189"></span>il y a beaucoup de données. Celles-ci viennent des publications du GUS, le correspondant de l&rsquo;INSEE français, des comparaisons publiées par Eurostat et enfin des publications d&rsquo;Eurydice &laquo;&nbsp;Key data on teaching languages at school in Europe&nbsp;&raquo; qui permettent de suivre les évolutions avec précision.</p>
<p align="JUSTIFY">En Pologne, l&rsquo;apprentissage d&rsquo;une langue étrangère à partir de l&rsquo;âge de 6 ou 7 ans est obligatoire depuis 2002, ce qui correspond à la norme européenne. La deuxième langue est devenue obligatoire au collège depuis 2009.  Il est toutefois impossible d&rsquo;évaluer l&rsquo;efficacité de cet enseignement, faute d&rsquo;un <span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">système d&rsquo;évaluation adapté. Les examens ne permettent  d&rsquo;évaluer que la compréhension d&rsquo;énoncés écrits ou oraux, c&rsquo;est-à-dire leur réception passive. En revanche, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;évaluation des productions écrites ou orales. De plus, le fait que cette évaluation finale ne soit faite qu&rsquo;au moment des épreuves du baccalauréat ne permet pas d&rsquo;obtenir de retour sur l&rsquo;efficacité de l&rsquo;enseignement  des langues au cours de la formation. A cela s&rsquo;ajoute le fait qu&rsquo;il y a un secteur privé de l&rsquo;enseignement des langues étrangères très développé qui échappe à tout contrôle de  qualité.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY">Quand on examine la façon dont les Polonais se situent par rapport aux autres pays européens dans le domaine de la maîtrise des langues étrangères, on trouve un résultat surprenant au regard des idées communément répandues. En effet, en général, on pense que les Polonais parlent de nombreuses langues étrangères. En réalité,  ce n&rsquo;est que depuis quelques années que la Pologne commence à rattraper l&rsquo;écart  par rapport aux autres pays de l&rsquo;Union Européenne. Avant, elle était en queue de liste, très en retard par rapport aux pays scandinaves, où l&rsquo;apprentissage obligatoire d&rsquo;un langue étrangère dès l&rsquo;école primaire a été introduit en 1990, ou la Belgique, pays dans lequel cet apprentissage commence dès l&rsquo;âge de 3 ans. Ainsi actuellement, il n&rsquo;y a que 20% de Polonais entre 23 et 64 ans qui déclarent parler couramment une autre langue que la leur, contre 37% des Allemands.</p>
<p align="JUSTIFY">Actuellement, la langue étrangère la plus répandue  en Europe est l&rsquo;Anglais:  87 % des  européens l&rsquo;étudient,  contre 1% pour le russe. Selon Eurydice, les langues les plus populaires en Europe sont, dans l&rsquo;ordre, l&rsquo;anglais, le français, l&rsquo;allemand, l&rsquo;espagnol et, en dernier, le russe. 95% des étudiants étudient ces langues, les 5% restant apprenant des langues comme le chinois ou le japonais. Le russe est étudié surtout dans les pays baltes et en Bulgarie, pour des raisons historiques, mais la progression de l&rsquo;anglais y devient très forte et tend à se rapprocher de celle qu&rsquo;elle connait  en Europe centrale, où elle est la plus forte. En effet, plus de 70% des jeunes d&rsquo;Europe centrale apprennent l&rsquo;anglais. La situation est sensiblement analogue en Pologne où 66 % des jeunes apprennent l&rsquo;anglais, 27% l&rsquo;allemand, 4% le russe,  2% le français, le 1% restant apprenant des langues comme le chinois, l&rsquo;arabe, etc&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY">Si on compare l&rsquo;évolution de la place du russe et du français dans les choix de langues étudiées dans les écoles, on constate que, contrairement à ce qu&rsquo;on pourrait penser,  la désaffection pour le russe n&rsquo;a pas été compensée par un regain d&rsquo;intérêt pour le français, bien au contraire. Le phénomène est clairement montré dans un rapport du GUS daté de 2012. Dans ce rapport, les chiffres de l&rsquo;année scolaire 1998-1999 montrent que 13,5% des élèves apprenaient le russe, contre 1,6 % des élèves apprenant le français. En 2002-2003, on constate une chute significative du russe, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait  plus que 4,8% des élèves qui l&rsquo;étudiaient. Mais la chute est analogue pour le français, car il n&rsquo;était  plus étudié que par 1% des élèves. Ces chutes parallèles du français et du russe ont continué de façon ininterrompue jusqu&rsquo;en 2012, les chiffres de l&rsquo;année scolaire 2011-2012 montrant qu&rsquo;il n&rsquo;y avait  plus que 0,5% d&rsquo;élèves à apprendre le russe et 0,3% à apprendre le français.</p>
<p align="JUSTIFY">On aurait pu espérer que le développement des relations culturelles et scientifiques entre la Pologne et la France après 1989 ainsi que le développement des affaires amènent  les étudiants polonais, poussés par la nécessité de devoir communiquer avec leurs collègues étrangers,  à se mettre à l&rsquo;apprentissage du français-langue étrangère au cours de leurs études. Là aussi, il n&rsquo;en est rien.  Si la connaissance des langues étrangères n&rsquo;est pas brillante dans les universités polonaises, puisque plus de la moitié des étudiants (très exactement 55,6% d&rsquo;entre eux) ne pratiquent aucune langue, pour les 44,4% qui font l&rsquo;effort d&rsquo;en étudier une, leur choix se porte de façon dominante sur l&rsquo;anglais, si bien que seulement 5,6% des étudiants polonais  maitrisent l&rsquo;allemand et seulement 0,9%  le français, qui se trouve derrière l&rsquo;espagnol.</p>
<p align="JUSTIFY">Les raisons pour lesquelles les Polonais n&rsquo;apprennent pas le français sont purement pragmatiques. En effet, une langue étrangère étant un instrument de communication avec les non-Polonais et  l&rsquo;anglais étant devenu la langue internationale, il n&rsquo;y a rien d&rsquo;illogique dans le fait que 4 millions de Polonais l&rsquo;apprennent, contre 2 millions de Polonais apprenant l&rsquo;allemand et seulement 200 milles apprenant  le français. L&rsquo;attrait de l&rsquo;allemand en Pologne  procède du même pragmatisme:  il s&rsquo;explique  par les relations de voisinage et par le fait que l&rsquo;Allemagne est le premier partenaire commercial de la Pologne. Cet attrait est d&rsquo;ailleurs un phénomène unique au monde, car, en chiffres absolus, il y a plus de Polonais que de Français parlant l&rsquo;allemand, et même plus de Polonais que de Chinois, alors que les  Chinois représentent un poids démographique incomparable.</p>
<p align="CENTER">******</p>
<p align="JUSTIFY">Les faits sont donc là: de 1998 à 2011, en Pologne,  le nombre d&rsquo;élèves apprenant le français a été divisé par deux. Cette chute libre est l&rsquo;effet d&rsquo;une évolution des motivations dont on peut identifier plusieurs causes.</p>
<p align="JUSTIFY">La première est qu&rsquo;en 2002, la France a mis fin au soutien des formations communes post-diplôme  financées par la Fondation France-Pologne. On peut mesurer l&rsquo;importance  de cette décision par le fait que, quand ces formations ont commencé, dans des villes comme Wroc<span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;">ł</span></span></span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">aw et bien d&rsquo;autres, des sections de français se sont ouvertes dans les lycées, car les élèves avaient l&rsquo;espoir d&rsquo;acquérir un double diplôme universitaire. Or, actuellement, cette possibilité est réduite.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY">Le second facteur vient du fait que l&rsquo;apprentissage du français ne donne aucune perspective d&rsquo;emploi intéressante. Certes, après 1989, pendant de nombreuses années, la France a été le premier investisseur en Pologne. Mais, paradoxalement, ces investissements n&rsquo;ont pas eu pour effet de développer la nécessité d&rsquo;apprendre le français, car  ils ont porté sur l&rsquo;hôtellerie  et les supermarchés. Si on a vu fleurir les Sofitel et Novotel, le personnel n&rsquo;y parle pas le français. De même, dans des enseignes comme Auchan, Carrefour, Leclerc etc&#8230;, qui ont poussé en Pologne comme des champignons, la langue d&rsquo;échanges est le polonais ou éventuellement  l&rsquo;anglais.</p>
<p align="JUSTIFY">Enfin, le marché de l&rsquo;emploi français est beaucoup plus fermé que le marché allemand ou le marché anglophone, Angleterre et Irlande comprises. Ces pays offrant  une plus grande possibilité de faire des études et d&rsquo;obtenir un emploi temporaire ou même définitif, depuis l&rsquo;entrée de la Pologne dans l&rsquo;Union Européenne, les Polonais ont massivement émigré vers l&rsquo;Angleterre et beaucoup se sont établis en Allemagne. Certes, le désenchantement dû à la crise économique a engendré de nombreux retours, mais le phénomène de l&rsquo;émigration polonaise en Angleterre reste  quantitativement significatif à l&rsquo;heure actuelle.</p>
<p align="CENTER">*****</p>
<p align="JUSTIFY">Les pistes  pour remédier à la situation attristante de la place du français en Pologne sont nombreuses.</p>
<p align="JUSTIFY">En premier lieu, il convient de constater que les institutions de l&rsquo;Union Européenne sont un moteur de développement de l&rsquo;emploi très important, en particulier dans le domaine juridique, où les besoins sont nombreux et où il y aurait beaucoup de choses à faire. L&rsquo;exemple des péripéties liées à la traduction du Traité de Lisbonne  en polonais est un exemple parlant. En  effet, dans un premier temps, le texte -source pour la traduction polonaise de ce Traité a été sa version anglaise, ce qui a donné un texte juridiquement incompréhensible, qui n&rsquo;avait plus grand chose à voir avec la terminologie juridique polonaise. Il a donc fallu revenir au texte français pour le traduire en polonais. Cet exemple montre à quel point il serait pertinent de renforcer les lectorats français à l&rsquo;université dans les sections juridiques et dans les sections d&rsquo;études européennes. Malheureusement, les universités polonaises se heurtent au fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de financements de la part des Français, qui ne font guère d&rsquo;efforts pour promouvoir leur langue.</p>
<p align="JUSTIFY">Dans le domaine de la promotion de sa langue, la France devrait conduire une politique plus agressive et plus cohérente, ce que montre la façon dont, en 2008, elle a raté le train de l&rsquo;introduction d&rsquo;une seconde langue obligatoire au collège en Pologne et laissé le champ libre à l&rsquo;espagnol, qui a pris le relais. Le manque de suivi sur le terrain d&rsquo;une politique pourtant affichée dans les déclarations de principe est illustré par l&rsquo;exemple d’il y a environ 3 ans,  dans</p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"> la ville de Poznań</span></span></span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">, où il y avait un accord entre l&rsquo;Ambassade de France et des établissements scolaires de la ville, selon lequel la France fournirait des outils pédagogiques. Cet accord, qui avait été voulu par les autorités françaises, n&rsquo;a pas été réalisé, si bien que ces écoles se sont tournées vers </span></span><span style="font-size: medium;">l&rsquo;apprentissage de l’espagnol</span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">. Ce genre de négligence a malheureusement des effets à long terme, car, à l&rsquo;heure actuelle, même si l&rsquo;on cherchait à revenir vers les établissements scolaires de Pozna</span></span><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-family: Times New Roman; font-size: medium;">ń, </span></span></span><span style="color: #333333; font-size: medium;"><span style="color: #333333; font-size: medium;">il serait difficile de rattraper cette erreur, tant la déception a été importante.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY">Le français pourrait se substituer à des langues en perte de vitesse comme le russe, où les enseignants sont en voie d&rsquo;extinction. Car, si le russe continue à reculer actuellement, le français reste stable.  Pour  parvenir à cette substitution, il y a une voie possible, qui consisterait à promouvoir les coopérations scientifiques et les formations communes. Malheureusement, à l&rsquo;heure actuelle, les Français sont peu intéressés par la coopération scientifique avec la Pologne, bien qu&rsquo;elle ait des universités et des centres de recherche excellents. Certes, ces universités ne font pas partie des 10 universités les plus prestigieuses du monde, mais nombreuses sont celles qui pourraient associer leurs forces avec les universités françaises dans le domaine de la recherche sur  l&rsquo;innovation technologique.</p>
<p align="JUSTIFY">La France pourrait créer les conditions pour que les écoles où le français est enseigné soient mieux connues des Polonais, en s&rsquo;inspirant de l&rsquo;exemple allemand. Même si  le succès de l&rsquo;allemand en Pologne est phénoménal,  les Allemands ne relâchent pas leurs  efforts de promotion de leur langue, par exemple en sillonnant la Pologne avec un bus qui informe des lieux où il est possible d&rsquo;apprendre l’allemand. En revanche, la France a coupé tout financement de la promotion de sa langue en Pologne, alors qu&rsquo;il faudrait subventionner  les manuels,  qui sont trop chers pour que les familles polonaises incitent d&rsquo;elles-mêmes leurs enfants à apprendre le français.</p>
<p align="JUSTIFY">Enfin, il est possible d&rsquo;agir sur ce par quoi tout commence, c&rsquo;est-à-dire  par la promotion de la culture française en Pologne. Il y a 30 ans,  les jeunes  connaissaient par cœur les chansons d&rsquo;Edith Piaf, de Montand, de Brel  ou de Charles Aznavour, alors qu’à l&rsquo;heure actuelle,  les jeunes Polonais  connaissent au mieux Céline Dion, c&rsquo;est-à-dire la chanson canadienne d&rsquo;expression française. Actuellement,  les Alliances Françaises auprès des universités polonaises ont vu leurs financements coupés, ce qui fait qu&rsquo;il reste essentiellement des Alliances Françaises associatives qui n&rsquo;ont ni impact sur les jeunes étudiants, ni prestige, ni autorité suffisante pour obtenir l&rsquo;effet de promotion souhaité. La France pourrait aussi animer la promotion de la culture française par des spectacles (théâtre,  concerts,   concours de nouveautés artistiques) et aisément remplir le vide actuel en ce domaine. Car si,  à l&rsquo;heure actuelle,  Varsovie est une ville très vivante où il se passe tous les jours un événement intéressant, où l&rsquo;on présente,  surtout en été,  de nombreux spectacles du monde entier, il n&rsquo;y a rien de relatif à la France, si ce n&rsquo;est un événement par an, pour le 14 juillet, qui est d&rsquo;ailleurs toujours accueilli avec enthousiasme.</p>
<p align="JUSTIFY">C&rsquo;est malheureusement sur ces peu réjouissantes considérations que je vais clore mon propos, en espérant que vous pourrez faire quelque chose pour que la situation s&rsquo;améliore.</p>
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		<title>Les inspirations françaises de la &#171;&#160;pensée libérée&#160;&#187; en Pologne de 1976 à 1989</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 08:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Henryk Wozniakowski Président des éditions Znak Pour lire la conférence au format PDF, cliquer ICI Les inspirations françaises de la „pensée libérée” en Pologne entre le Comité de  Défense des Ouvriers (KOR,  1976) et la Table Ronde (1989) Mesdames, Messieurs, Chers Amis,  je voudrais partager avec vous quelques réflexions sur &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1179">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Henryk Wozniakowski</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Président des éditions Znak</strong></p>
<p style="text-align: left;">Pour lire la conférence au format PDF, cliquer <strong><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/wp-content/uploads/2013/01/hw_Les-inspirations-relu-BM.pdf">ICI</a></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Les inspirations françaises de la „pensée libérée” en Pologne </strong><strong>entre le Comité de  Défense des Ouvriers (KOR,  1976) et la Table Ronde (1989)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mesdames, Messieurs, Chers Amis,  je voudrais partager avec vous quelques réflexions sur le rôle des intellectuels français en Pologne, au cours de cette période très intéressante qui commence en 1976  avec l’apparition  d’une opposition d&rsquo;un type nouveau  et se termine avec la transition démocratique de 1989. Ce sera un essai très fragmentaire, basé avant tout sur mes propres expériences de cette époque. Je vais donc surtout fouiller dans ma mémoire et non dans les bibliothèques. Le sujet mériterait certainement un traitement systématique, une analyse des sources écrites, surtout de la presse et des éditions du « second circuit ».  Mais autant que je sache, personne n’a encore entrepris cette tâche. Dommage,  car cela aurait facilité mon exposé d&rsquo;aujourd&rsquo;hui! J’espère cependant qu’une approche plus personnelle sera également acceptable, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une période  récente qui n’est pas encore fixée par une approche historique systématique et qui, à l&rsquo;heure actuelle,  existe surtout dans la mémoire de ma génération. Donc, si vous me permettez cette note personelle, j’avais à cette époque des contacts assez nombreux et intenses avec  quelques milieux dits ”indépendants” qui représentaient des orientations politiques et adoptaient des traditions intellectuelles  ou spirituelles différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">En histoire  et surtout dans l’histoire qui concerne une période récente, il n’est pas toujours facile de définir les moments décisifs, les ruptures qui conduisent vers de nouvelles solutions et  marquent de nouvelles étapes. Mais je pense que personne ne  contestera la thèse selon laquelle l’année 1976 fut une année de rupture et d’ouverture d&rsquo;une période très mouvementée qui a duré 13 ans et qui a conduit vers la chute finale du système communiste en Pologne et ensuite dans tout le bloc communiste. L&rsquo;année 1976, c’est l’année où les fautes, les faiblesses et la bêtise du système <span id="more-1179"></span>et de ses acteurs, leaders du Parti Communiste Polonais,  s’accumulent, provoquant une nouvelle explosion sociale. Cette année 1976 est marquée par une faillite économique du pays. N’oublions pas que Monsieur Edward Gierek,  premier secrétaire du Parti à partir de 1970,  parlait bien le Français (et même le Flamand), après avoir passé  un quart de siècle dans les mines, les syndicats et le mouvement communiste en France et en Belgique. Il semble que cette capacité linguistique ait amplifié presqu’à l&rsquo;infini son charme d’ouvrier syndicaliste aux yeux de ses partenaires politiques occidentaux.  Elle  le distinguait visiblement des autres leaders communistes qui ne parlaient que leur propre langue et le russe  et qui présentaient un charme de caractère plutôt bureaucratique. Gierek a donc su charmer les leaders occidentaux et gagner leur confiance, si bien quela Polognede la première moitié des années1970 aobtenu des prêts immenses d’environ 20 milliards de dollars. Cet argent fut destiné aux investissements ainsi qu’à l&rsquo;amélioration  quantitative et qualitative de la consommation.  Mais, si on réalisa bien  et même dépassa  le plan dans le domaine de la consommation, la majorité des investissements pharaoniques de Gierek  resta inachevée, donc sans le rendement qui aurait permis de retrouver un équilibre économique. Ainsi  arriva la faillite économique du pays. En 1976, les seuls intérêts  de la dette sont au niveau de 35% de toute l’exportation polonaise (3 ans plus tard,  ils s’élèveront à 75% de la valeur de l’exportation!). Les hausses de prix et l’absence de plusieurs biens  de première nécessité furent une conséquence inévitable des erreurs de gestion. Comme si ce n’était pas assez, le Parti eut aussi la sagesse d’organiser son assemblée générale et d&rsquo;y annoncer un  changement dansla Constitutionpolonaise, en y introduisant des articles qui définissaient le  parti comme leader de la nation et  l’amitié avec l’Union Soviétique comme inébranlable. Ainsi les communistes  frappèrent  tous les groupes sociaux  composant la nation à la fois: les ouvriers, l’intelligentsia, les paysans, l’Eglise. La suite est bien connue. Des grèves dans quelques villes (surtout à Radom et à Ursus), violemment réprimées par la milice. Des centaines de personnes arrêtées, battues, condamnées par les tribunaux d’exception à des peines allant jusqu’a 10 ans de prison.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 23 septembre 1976, un  petit groupe de 14 personnes annonce – par l’intermédiaire de  Radio Europe Libre et par le bouche à oreille – la création du Comité de  Défense des Ouvriers (KOR). Ce premier noyau du KOR est composé de personnes de toutes générations – le plus âgé, le Professeur  Edward Lipinski, avait 88 ans et le plus jeune, Piotr Naimski, 25 &#8211; et d’orientations politiques qui allaient du socialisme démocratique   jusqu’au nationalisme. Il y avait des écrivains, des héros de la résistance, un, puis deux prêtres. Ce qu’ils avaient en commun c’était – en dehors du courage nécessaire – le sentiment de la dignité et de la justice, la conviction qu’il fallait réagir immédiatement à la violence de l’état dirigée contre ceux qui sont impuissants. Car les ouvriers n’avaient pas accès aux correspondants de la presse étrangère et, à travers eux, à l’opinion publique occidentale dont Gierek –  en raison de sa politique économique notamment – était obligé de tenir compte, au moins dans une certaine mesure. Les ouvriers étaient également sous-informés sur l’Acte Final dela Conférenced&rsquo; Helsinki, signé  un an auparavent par 35 pays, dontla Pologne, et sur son “troisième panier”. Avec le KOR, c&rsquo;était la première fois qu&rsquo; un groupe de personnes s’ opposait au régime de façon organisée et à visage découvert. C&rsquo;était aussi  la première fois qu&rsquo; une  alliance entre ouvriers et l’intelligentsia était conclue.  Les actes de protestation précédents, comme les émeutes ouvrières de 1956 ou de 1970, les manifestations étudiantes de 1968, les appels adressés aux autorités comme la lettre ouverte de Kuron et Modzelewski de 1962 ou bien la lettre de 34 intellectuels  avec des protestations contre les abus de la censure – avaient eu un caractère différent. C’étaient soit des réactions spontanées de groupes particulièrement affectés par de nouvelles mesures, soit des appels aux autorités pour qu’elles réparent ce qui marchait mal. Avec le KOR,  c’était autre chose: c’était  la première fois qu&rsquo;une organisation indépendante de l’état et du parti émergeait pour présenter comme objectifs  sa volonté d’agir au sein de la société et pour son bien, en se référant aux droits de l’homme, des droits que le régime prétendait reconnaitre. Qui n’a pas vécu dans un système aux ambitions totalitaires ou  dans un système structurellement totalitaire aura du mal à comprendre à quel point cette démarche fut révolutionnaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette révolution, même si elle disposait d’une ébauche d’organisation, même si elle avait comme but la défense des ouvriers et ensuite “l’autodéfense sociale”, notion qui avait un sens plus large, n’avait pourtant  pas  d’objectifs politiques au moment de son apparition. Elle ne visait ni le changement des relations de pouvoir  internes, ni le changement des relations internationales. Elle ressortissait surtout du sentiment moral, de l’indignation. C’est ici qu&rsquo; il faut revenir à notre sujet des inspirations françaises. Il y a quelque temps, j’ai demandé à Adam Michnik  s&rsquo;il avait été inspiré par les Français, par la pensée française et comment. Il a répondu sans hésitation: “Oui, beaucoup. Une seule lecture a vraiment compté<em>: L’homme révolté”. </em>En 1976, Adam Michnik avait séjourné à l’étranger où il est vite devenu un porte-parole éloquent du KOR. Même si formellement il n&rsquo;a rejoint le Comité que quelque mois après sa création, il est certain que ce sont des “sentiments moraux” et  une approche de la réalité politique semblable à la sienne qui ont participé à cette œuvre depuis son début. Mais Michnik n&rsquo;était pas le seul à avoir lu Camus. Sa particularité ne consistait qu&rsquo;à représenter,  peut-être mieux que n’importe qui d&rsquo;autre, l&rsquo;état d’esprit de ceux qui avaient grandi dans le milieu communiste, qui avaient pris  au sérieux la promesse du salut sur terre, tout en  gardant un sentiment moral, une sensibilité à la réalité et l’intelligence du cœur et de l’esprit.  Ceci ne pouvait  conduire  qu’à la désillusion, au désenchantement, à la colère contre le communisme.  La température de l’écriture camusienne, son intensité stylistique et émotionnelle valait tout autant que ses thèses. Le sentiment de l’oppression et de l’absurde  décrits par Camus avec une telle puissance fut une expérience forte pour les jeunes de cette génération et de ce milieu dont Michnik est devenu une personne emblématique.  La quête du sens à travers la révolte, la recherche d’une certitude morale qui, faute de foi religieuse, s’exprime par  la révolte contre l’injustice évidente, l’oppression et les absurdités du système  devinrent leur chemin  à partir  de 1968. Camus leur apportait un langage, des exemples historiques et littéraires, les conduisait vers la “lucidité” ardemment désirée et leur demandait de la gagner par  leur propre action,  puisque personne ne la leur offrirait.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est sur ce chemin que Michnik (j’emploie son nom en pars pro toto)  rencontra un autre milieu dont les  racines étaient bien ailleurs: le milieu des catholiques dits “ouverts” réunis autour de revues telles que <em>Tygodnik Powszechny</em>,  <em>Znak,</em> <em>Więź</em> et de quelques  Clubs de l’intelligentsia catholique. Ce milieu disposait de leaders intellectuels de grande classe et avait pour autorité principale Jerzy Turowicz. Ce milieu  était arrivé à une réussite insolite: il avait trouvé les moyens d’exister dans un pays communiste, certes avec des hauts et des bas, mais sans être noyauté ni avoir fait de compromis majeurs. Certes, les revues furent fermées pendant les quelques années de la période stalinienne.  Certes, elles furent censurées, leurs tirages, leurs volumes et leur diffusion furent strictement limités. Certes, elles reconnurent  la gouvernance communiste en tant que fait institué. Mais, tout en ne s’occupant que de questions culturelles, religieuses ou historiques, les revues appartenant au mouvement &laquo;&nbsp;Znak &nbsp;&raquo; ne cédèrent ni sur le terrain idéologique ni sur le terrain linguistique et  ne recoururent jamais à la langue de bois. Ne pouvant s’exprimer dans de nombreuses matières à cause de la censure,  elles furent tout de même – on l’a souvent répété – un souffle d’air frais, l’air de la vérité et de l’honnêteté intellectuelle dont les poumons de l’intelligentsia polonaise étaient assoiffés.  Elles  gardèrent leur souveraineté intérieure aussi bien en face du régime qu’en face de l’Eglise institutionelle. Ce n’etait pas facile, car l’existence même de ces revues était dans une grande mesure assurée politiquement par l’Eglise. Mais la sagesse de leaders ecclésiaux tels que Sapieha, Wyszynski et Wojtyla ainsi que la sagesse des leaders de Znak comme Turowicz ou Stomma  permirent d’éviter la majorité des écueils aussi bien sur le front politique qu’ecclésial, même si les menaces politiques ou les tensions avec les protecteurs ecclésiaux ne manquaient pas.</p>
<p style="text-align: justify;"> Notre sujet d’aujourd’hui, ce sont les inspirations françaises dans la pensée polonaise. Or, justement,  les hommes et les femmes qui créèrent ces revues et ce milieu appelé Znak venaient d’un courant minoritaire du catholicisme polonais fort inspiré par la pensée française, surtout par le néothomisme de Maritain et Gilson ainsi que par le personnalisme d’Emmanuel Mounier propagé dans la revue <em>Esprit</em>.  Ces influences, ainsi que  celles de théologiens comme Henri de Lubac, Jean Daniélou, Dominique Chenu ou le cardinal Journet qui ont frayé les chemins théologiques du Concile Vatican II, servirent de base philosophique à la première génération du milieu Znak.  Les leaders de ce groupe avaient observé avec un grand intérêt l’évolution de l’intelligentsia communiste devenue désillusionnée, puis révisionniste, et enfin en grande mesure anticommuniste. Les chemins de ces deux milieux commencèrent à se rapprocher vers 1968, après la violente répression des manifestations des étudiants et après la sale aventure antisémite qui fut déchaînée par les communistes et dont le résultat fut l’émigration de 20 mille  Juifs Polonais vers Israël ou vers les pays occidentaux. Les leaders de Znak furent les seuls à protester publiquement contre cette infamie. Vers 1976, les chemins de Znak et ceux du milieu du KOR se  croisèrent. Certains opposants laïcs bannis par la censure des colonnes de la presse de l’état  commencèrent à publier dans les revues catholiques sous des pseudonymes. En échange, des journalistes catholiques  entamèrent une coopération avec les revues du « second circuit » qui  avaient commencé à pulluler à cette époque. C&rsquo;est ainsi  que la source d’inspiration par “Camus” et celle qui venait de  “Maritain – Mounier” se croisèrent sur le sol polonais. Bien qu&rsquo; à l&rsquo;époque personne ne l’entendît encore,  une cloche funèbre  avait commencé à sonner   pour le communisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas être trop simpliste, il faut faire ici une remarque. Turowicz – qui était de la génération 1912 – resta fidèle à Mounier. Cela ne fut pas le cas de ma génération qui n’a pas pu supporter les naïvetés et les  cécités volontaires ou involontaires de Mounier  face au communisme, ni ses vitupérations contre la société bourgeoise et ses libertés “formelles” ou contre le libéralisme. Nous l’avons à peine lu.  Cependant, le personnalisme comme idée, comme orientation vers la personne humaine dans toute la richesse de l’être individuel créé et plongé dans l’univers social, doté de dignité et de droits inaliénables, a persisté, et nous le devons dans une grande mesure à Mounier. Ce fil personnaliste avec sa composante éthique  était très présent dans les autres courants philosophiques qui, en Pologne, faisaient face au marxisme mourant: dans la phénoménologie, dans la philosophie du dialogue, dans l’herméneutique. C’étaient des courants qui  cherchaient leurs certitudes à partir du “moi” – que ce &laquo;&nbsp;moi&nbsp;&raquo; soit défini comme transcendantal ou défini d&rsquo;une autre façon . C’étaient en fin de compte des philosophies de la conscience au sens cognitif et au sens moral. C’étaient des philosophies qui posaient des questions cruciales concernant la personne humaine. Des questions sur la certitude des données de la conscience, sur les relations entre moi et les autres, sur la liberté, sur les sources de la conscience morale, sur l’intelligibilité des comportements humains, enfin  sur l’existence même de l’homme ou de la personne, sur son appui ontique à l’âge post-métaphysique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que cette pensée anthropologique  très théorique, souvent hermétique pour les non-initiés, se transforme sous la plume d’un de ses auteurs les plus originaux en   discours   inspirant un mouvement qui va changer le cours de l’histoire : je pense au mouvement Solidarność. Je parle du Père Jozef Tischner,  philosophe et intellectuel qui a très fortement influencé le cours des choses en Pologne au début des années 1980. Le Père Tischner  disait qu’il avait cousu son manteau philosophique de tissus très divers. Penseur d&rsquo;une grande originalité,  il n’a pourtant jamais négligé l’importance qu’avaient pour lui des auteurs tels que Gabriel Marcel, Paul Ricoeur et surtout Emmanuel Lévinas et l&rsquo;a souvent soulignée. Il se référait souvent à ces auteurs de façon positive. D&rsquo; autres fois il entrait en polémique avec eux. Mais ce qu’on peut dire avec certitude, c’est qu’ils constituaient  ses références importantes, que, sans eux, sa pensée – et peut-être aussi son action – n’auraient pas été ce qu’elles ont été. Sa philosophie du drame de l’existence humaine sur la scène du monde, son idée du “moi axiologique” qui aspire à la liberté et qui est capable de dinstinguer la vérité du mensonge, le bien du mal tout comme sa philosophie de l’espoir et de  l’espérance  ont été créées  dans le  dialogue polémique avec Emmanuel Lévinas. Le Père Tischner  devint une figure de proue de Solidarność dans les années 1980-1981 et, plus tard, un de ces intellectuels dont la  pensée accompagnait tous les mouvements  de l’opposition politique. Son petit ouvrage <em>L’éthique de Solidarité, </em>un <em> </em>recueil d’articles et de conférences datant de1980, est devenu une bible pour le mouvement Solidarność  tout au long des années 1980, jusqu’à ce que Solidarność se transforme en un syndicat comme les autres à partir des années 1990.  Je ne chercherai pas, aujourd&rsquo;hui, à préciser  le lien entre les inspirations philosophiques françaises du Père Tischner et  sa philosophie propre ou ses textes de publiciste destinés à un large public, dont des homélies mémorables pour les ouvriers pendant les assemblées de Solidarnosc, ou bien les homélies adressées en patois montagnard aux paysans de la  petite paroisse de montagne dont il était originaire. Mais je peux affirmer que ce lien existe et que les inspirations  françaises de la pensée du Père Tischner constituent une preuve de plus qu&rsquo;une pensée sans  visée politique, une pensée à dimension  anthropologique, éthique ou religieuse peut influer sur la pensée politique et même infléchir le cours de l’histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">La faillite idéologique du communisme a eu lieu en Pologne en 1968. Sa faillite économique est arrivée en 1976. Bien que personne ne vît alors  se profiler à l’horizon la chute de l’empire soviétique  qui semblait tenir bon et même faire des progrès dans le monde, cette double faillite a provoqué un mouvement de pensée, une volonté de comprendre et de construire un projet permettant de rendre la vie plus supportable. D’un côté, nous avons essayé de mieux saisir l’essence du système et ses principes, de percevoir ses points faibles et de trouver des assises rationelles au sentiment d&rsquo;indignation qui nous accompagnait. De l’autre, nous cherchions des voies d’avenir. Certes, le système et l’empire étaient là. Mais comment élargir les espaces que le système ne contrôlait pas? Autrement dit: y avait-il, entre les pierres mortes du système, des brèches dans lesquelles les plantes de la vie pourraient germer? Ou bien: comment pousser le système à abandonner ses ambitions totalitaires et laisser le champ libre à des activités spontanées dans la société, dans l’éducation, dans l’économie? Pour répondre à ces questions, il fallait une analyse. C&rsquo;est alors que, dans les publications clandestines du “second circuit”,  une pensée politique non cesuree a commencé à s’articuler. Bien entendu, dans ce domaine, nous ne  partions pas de zéro. <em>Kultura</em>, la meilleure revue de l’émigration polonaise, conduisait cette réflexion depuis la fin des années 1940. Nous pouvions lire cette revue lors de nos rares voyages à l’étranger ou si nous avions la chance de tomber sur un des numéros qui entraient en Pologne en contrebande. <em>Kultura</em>  avait déjà publié des auteurs tels que Raymond Aron, Jeanne Hersch ou Denis de Rougemont  – pour ne mentionner que les Francais ou les francophones. Il y avait une autre excellente revue de l&rsquo; émigration, également publiée à Paris à partir de 1973: c’ était <em>Aneks</em>, dirigé par Aleksander et Eugeniusz Smolar qui représentaient la génération des émigrés de 1968. Ces deux revues, <em>Kultura</em> et <em>Aneks</em>, ont attiré certains auteurs autrefois actifs dans le Congrès pour la Liberté de la Culture et dans la revue <em>Preuves</em> qui a été publiée entre 1951 et 1969.  <em>Aneks</em> a vite  réuni plusieurs auteurs de marque. La revue organisait des manifestations qui attiraient l’attention des intellectuels français et de l’opinion publique sur ce qui se passait en Pologne. Ainsi, en 1976, <em>Aneks</em> a participé au  séminaire organisé par Peter Kende et Krzysztof Pomian pour le 20ème anniversaire de la révolution hongroise et de l’Octobre polonais. Parmi les participants français, on  trouvait Raymond Aron, Alain Besançon, Jean-Marie Domenach, François Furet, Pierre Hassner, Paul Thibaud. Plus tard Pierre Manent et Andre Glucksmann devinrent des auteurs de ce trimestriel. <em>Aneks</em>, comme <em>Kultura</em>, était interdit en Pologne, mais les idées qu’il propageait ont trouvé un meilleur accès aux lecteurs polonais après 1976, grâce à l&rsquo;essor rapide des publications du « second circuit ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je viens d&rsquo;évoquer le fait que la „pensée libérée” de la fin des années 1970 et de années 1980 s&rsquo;est beaucoup intéressée à l&rsquo;analyse des systèmes totalitaires et à la prospective .  L’inspiration française s’est révélée  féconde surtout dans la première tâche, c&rsquo;est-à-dire  dans l’examen du totalitarisme soviétique. Cela était le cas de la pensée de Raymond Aron, de Francois Revel, d’Alain Besançon, des « nouveaux philosophes », surtout d’André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. Raymond Aron était lu, connu et respecté comme intellectuel qui n’avait jamais succombé aux charmes du communisme et fut un des premiers à analyser le totalitarisme. Sa critique savante du  marxisme,  son analyse des mythes de la gauche &#8211; mythe de l’unité de la gauche, mythe de la révolution qui n’a pas eu lieu telle que Marx l’avait imaginée, mythe du prolétariat – tout cela nous permettait de  voir la vacuité du langage officiel, aussi bien dans le discours politique que dans celui des sciences humaines.  Sa défense inconditionnelle de  l’autonomie de l’individu contre l’oppression, qu&rsquo; elle soit exercée par l’état ou par la collectivité, son libéralisme, qui était bien plus « existentiel » que doctrinaire, parlaient à notre sensibilité. Mais les auteurs au tempérament plus pamphlétaire  étaient encore plus commentés. Surtout Jean-Francois Revel, qui n’hésitait pas à comparer le communisme au nazisme, chose rare à l’époque, et pour qui le régime communiste équivalait  à une « prison doublée d’un asile de fous et d’une association de meurtriers ». C’etait aussi Revel qui avait maintes fois rappelé le crime de Katyn  à une époque où il était loin d’être reconnu par tout le monde en occident, surtout à gauche. Son style tranchant, son ironie et son bon sens ont beaucoup plu.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui nous intéressait plus particulièrement vers la fin des années 1970, c’était surtout ceux qui, en occident, avaient abandonné la foi communiste ou gauchiste pour devenir des critiques de cette foi. Cela était notamment le cas des nouveaux philosophes qui furent présentés dans la presse du &laquo;&nbsp;second circuit&nbsp;&raquo; et au cours de  séminaires privés. Ils nous  intéressaient surtout en tant que convertis par la lecture de Soljenitsyne – ce « Dante de notre temps » selon les paroles de B-H Lévy. Soljenitsyne, dont l’impact a été très fort  en France vers le milieu des années 70,  a bouleversé  beaucoup d’esprits et beaucup d’opinions. L’artiste s’est révélé comme un porteur de vérité plus convaincant que les témoins antérieurs ou que certains historiens ou politologues qui connaissaient la réalité des pays communistes. L&rsquo;impact de l’art était une des raisons de l’intérêt pour les nouveaux philosophes,  surtout  à partir du moment où les artistes polonais ont commencé à s’engager dans l’opposition. C&rsquo;était non  seulement la littérature qui  se libérait des entraves de la censure grâce au « second circuit » de publications, mais aussi le théâtre indépendant et les arts visuels qui  participaient à cet affranchissement. Ce phénomène s&rsquo;est développé après l’imposition de la loi martiale, avec de grandes expositions dans les églises, du théâtre dans des appartements privés, avec des projections de films interdits par la censure. Parmi les autres aspects intéressants des nouveaux philosophes, il y avait la critique forte et bien ciblée du marxisme. Certes, l’idéologie marxiste était morte en Europe Centrale, mais ce n’était pas le cas en Occident. Lévy, Gluksmann, Dollé et les autres soutenaient que le stalinisme était la conséquence logique du marxisme et que la fameuse « coupure épistémologique » d’Althusser qui aurait prétendument distingué la science marxiste de l’idéologie était une illusion. Glucksmann montrait dans <em>La</em> <em>cuisinière et le mangeur d’hommes</em> les absurdités économiques du système de travail dans l&rsquo;esclavage dans le Goulag.   La réflexion des nouveaux philosophes – malgré leur rhétorique exagérée, leur antirationalisme (le marxisme et totalitarisme étaient pour eux des réalisations ultimes de la raison) – résonnait bien avec les préoccupations polonaises de la fin des années 70. En effet, à cette époque, nous étions intéressés plus par la libération que par la liberté,  plus par la résistance contre un pouvoir oppressif que par les analyses des formes possibles d&rsquo;un pouvoir juste et équitable.</p>
<p style="text-align: justify;">Même le manichéisme des nouveaux philosophes (qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la figure du maitre et  du rebelle chez Lévy ou bien celle de l’État et de la Plèbechez Glucksmann) nous était proche. Dans la distinction entre « nous » et « eux », nous nous  voyions dans des positions proches de celles des rebelles de Lévy ou des plébéiens de Glucksmann,  donc de ceux qui ne se laissaient pas prendre aux pièges du discours du pouvoir, qu&rsquo;il soit  idéologique ou simplement contraignant. L&rsquo;éloge de la volonté de l’existence individuelle comme source de mouvement vers la libération nous était proche. Tout comme l&rsquo;éloge du bon sens et de l’art comme moyens de diagnostic exact de la réalité. De même la thèse soutenue surtout par B-H Lévy  dans <em>La barbarie à visage humain</em> sur la sécularisation radicale ou plutôt sur la mort de Dieu qui a supprimé les limitations  du pouvoir correspondait à notre expérience. Le pouvoir (ou l’anarchie, mais le résultat n’est pas bien différent) envahissent une place laissée libre après la mort de Dieu. Cette thèse n’était pas nouvelle, mais elle n&rsquo;avait jamais été auparavant adoptée par des auteurs de même famille intellectuelle que celle de Lévy ou de Glucksmann.  L’expérience polonaise de la religion en tant que rempart contre les abus idéologiques ainsi que celle de l’Eglise en tant qu’institution qui s’opposait contre les usurpations de pouvoir et sauvegardait des espaces de  liberté spirituelle confirmait les thèses de Lévy. Par contre, ce qui éveillait nos critiques, c’était le pessimisme de nouveaux philosophes et  leur attitude radicalement critique envers les sociétés occidentales. Là où nous voyions presqu’un paradis terrestre de libertés et de  bien-être, ils ne voyaient qu’une autre figure d&rsquo;un pouvoir aux ambitions toujours totalitaires. Cette vision pessimiste de l’occident n’a pas eu d’adeptes en Pologne. Si nous  évaluions l’occident de façon critique, ce n’était pas à cause de son prétendu déficit de libertés ou de ses velléités totalitaires. C’était à cause de sa politique  dite réaliste et, en réalité, souvent lâche vis-à-vis de l’Union Soviétique. C’était aussi  à cause de son défaut de perception de la nature du système communiste, qui était vu comme un  système autoritaire ou quasi-féodal comme l’histoire en a tant connus.  Or, nous savions  que l’Union Soviétique n’était ni un empire ni une autocratie comme les autres et nous étions convaincus que  la défense  des libertés occidentales exigeait une perception correcte du système soviétique.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est pourquoi l’auteur français le plus important et le plus inspirateur  de la « pensée libérée » était Alain Besançon qui se consacrait à l’analyse du communisme et de l’essence du totalitarisme. Alain Besançon, qui dans sa jeunesse avait vécu la « morsure stalinienne » comme beaucoup d’intellectuels de l’époque, a consacré plusieurs œuvres à l’analyse du communisme soviétique, une analyse dans laquelle il associait l’engagement personnel, une grande érudition et une capacité analytique à la Raymond Arondoublée du style  vigoureux de Jean-François Revel. Les livres d’Alain Besançon tels que <em>Court traité de soviétologie, Les origines intellectuelles du léninisme</em> ou <em>L’anatomie d’un spectre</em> ont  vite été aperçus, ont été partiellement ou entièrement traduits dans le « second circuit » et beaucoup  discutés. Nous avions l’impression que Besançon nous fournissait des outils intellectuels parfaitement adaptés à nos besoins  de comprendre ce qu&rsquo;était  le communisme et de savoir comment le combattre. Quelques notions de la pensée de Besançon sont entrées dans le discours de toute l&rsquo;opposition polonaise des années 1970 et 1980,  quels qu&rsquo;en aient été les courants politiques. Dans l’Union Soviétique, Besançon voyait surtout l’imitation perverse – « perversa imitatio », une reprise de motifs connus dans l’histoire dela Russie ou dans celle d’autres empires: Byzance sans la chrétienté, l&rsquo;Empire Mongol sans le droit ni l’honneur, la monarchie sans la propriété privée et  sans la liberté .  Dans son hommage polémique à son maitre Raymond Aron, Besançon soutenait que le système soviétique avait un caractère idéocratique, que l’idéologie n’y était pas un outil d&rsquo;un pouvoir totalitaire comme le voulait Aron,  mais sa source. L &lsquo;idée empruntée à Voegelin selon laquelle l’idéologie est  une sorte de gnose moderne  avait trouvé une nouvelle vigueur sous la plume de Besançon. Besançon montrait que l’idéologie peut être « froide »,  car la croyance n’est pas nécessaire pour qu’elle exerce son pouvoir de coercition. Mais l’idéologie accompagnée par la terreur, la langue de bois et l’art social-réaliste   créait une « surréalité» qui prenait la place du socialisme qui, en tant qu&rsquo; utopie par définition incapable d’exister,  n’était jamais advenu. C&rsquo;est sans doute cette notion de  « surréalité » qui a  fait la plus grande carrière. Une  « surréalité » qui masque la réalité devant les yeux qui regardent de l’extérieur et qui  brouille aussi l’entendement de ceux qui sont à l’intérieur. Une « surréalité » qui n’est pas un simple mensonge , car elle échappe aux critères du vrai et du faux. Le seul moyen de défense contre elle, c’était, comme le voulait Soljenitsyne, de ne pas participer au mensonge, de s’en tenir à la réalité le plus fort possible.  De ne jamais pactiser avec le communisme en acceptant un autre terrain que celui de la réalité.  L&rsquo; analyse du système économique soviétique comme système à  caractère essentiellement parasitaire que faisait Besançon était également très éclairante.  Selon lui, l&rsquo;économie communiste ne visait pas la croissance ou le bien-être : son but, c’était le socialisme  et son premier devoir était de détruire  les résidus du  capitalisme. Mais pour que le système ne s’effondre pas, il avait en même temps besoin de ces résidus, comme un  parasite qui ne peut pas tuer l’organisme qu’il exploite. C&rsquo;est pourquoi même dans le communisme il y avait des ilots de « réalité ».  Il me semble que Besançon a été l’auteur le plus traduit et le plus commenté des auteurs français. Même si dans les années qui suivirent la transition polonaise de 1989, il a, selon moi, commis quelques erreurs d’appréciation de notre évolution politique, il est certain que la « pensée libérée » polonaise lui doit beaucoup.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette pensée libérée ouverte non seulement à l’analyse du totalitarisme ou aux  sources spirituelles de la résistance  mais à la prospective, on trouve  beaucoup d’autres sources d&rsquo;inspirations francaises. Je vais les mentionner très brièvement. Je dirais en gros que la « gauche » de l’opposition ainsi que le « centre » s’inspiraient  surtout d’ Alexis de Tocqueville et de sa postérité intellectuelle. <em>La démocratie en Amérique</em> (livre qui   a paru pour la première fois en Pologne en 1976 dans une version incomplète) a beaucoup inspiré tout ce courant qui pensait à la reconstruction de la societe civile, de ses activités indépendantes sur le plan civique, mais aussi sur le plan  économique. Le groupe des « chrétiens libéraux» de Cracovie a étudié  les réflexions de Tocqueville sur les liens de la religion et des libertés politiques et sur la place de la religion dans la démocratie. De nombreux textes de Raymond Aron   ont été diffusés dans le « second circuit » par Janusz Lewandowski, le fondateur des « libéraux de Gdansk », aujourd’hui commissaire responsable de  budget à la Commission européenne. <em>L’histoire intellectuelle du libéralisme, dix leçons</em> de Pierre Manent a été traduit et commenté par les libéraux de Varsovie, rassembles à partir de 1979 autour la revue Res Publica.  Vers la fin des années 1980, quand le courant néolibéral s’est formé en Pologne, les textes de Guy Sorman ont fait un triomphe:  <em>Révolution conservatrice en Amérique </em>et<em> La solution libérale</em> ont été traduits et publiés hors censure. Bien que les architectes de la réforme économique polonaise connue sous le nom de &laquo;&nbsp;Plan Balcerowicz&nbsp;&raquo; aient été surtout inspirés par les auteurs des écoles économiques et philosophiques anglosaxonnes, les auteurs francais ont joué un  rôle non négligeable dans l’évolution de l’opposition et de l’opinion publique vers le libéralisme politique et économique.</p>
<p style="text-align: justify;">La droite modérée de l’opposition, représentée surtout par le Mouvement dela Jeune Polognefondé par Aleksander Hall en 1979,  a été, dès son début, très influencé par les idées et par la pratique politique du Général de Gaulle. Aleksander Hall a consacré deux très bons livres  à la personne et aux idées du Général. Ce centre-droite, dès 1980-1981, aentamé une réflexion constitutionnelle (ce que la gauche a complètement dédaigné). Cette réflexion a  été développée dans la revue du second circuit « Polityka Polska ». C&rsquo;est pourquoi, aprèsla Table Ronde, c&rsquo;est le milieu de Aleksander Hall qui était le mieux préparé à un débat constitutionnel. Dans le premier gouvernement non communiste de Mazowiecki,  Aleksander Hall est devenu ministre sans portefeuille  pour les relations avec les partis et associations politiques. Dans le groupe informel autour du premier ministre qui travaillait sur un projet de constitution, Hall défendait avec éloquence et efficacité des solutions très  proches de la constitution dela Vème République.Si Walesa et les frères Kaczynski n’ avaient pas déclenché de  « guerre au sommet » contre Mazowiecki en 1990, si ce premier gouvernement avait duré plus longtemps, il n’est pas exclu que nous aurions eu une constitution du type présidentiel, sur le modèle de la constitution française.</p>
<p style="text-align: justify;">La droite plus radicale s’inspirait inévitablement de Charles Maurras. Son leader intellectuel Jacek Bartyzel est aussi l’auteur d’un livre tres académique sur Maurras et son mouvement. Mais l’impact de cette droite, radicale et intellectuelle à la fois, me semble très réduit ; ce qui n’empêche pas que l&rsquo;extrême-droite soit aujourd’hui présente en Pologne. Mais là, ce n’est ni la faute à Maurras ni  la faute aux inspirations françaises, car sa genèse est differente.La Francen’en est donc pas coupable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour terminer, je ne peux pas ne pas mentionner des relations personnelles directes. L’Institut Français de Cracovie, dirigé par Jean Baisnée au tournant des années 1970 et1980, aété un foyer de liberté par excellence. Non seulement Jean Baisnée nous aidait à envoyer la littérature de « second circuit » en France (donc aussi à Radio Europe Libre), et plus tard aux services de Solidarność à l’étranger, mais il choisissait aussi à merveille les personnalités françaises qu’il invitait pour des conférences  ou pour des rencontres en petit comité.  À chaque fois, c’était  pour nous une vraie « injection de liberté ». Les rencontres les plus mémorables pour moi ont été  celles avec  des représentants de Médecins du Monde qui sont venus avec Bernard Kouchner pour nous raconter de la guerre russe en Afghanistan. L’Afghanistan  et d’autres interventions communistes dans le monde ont été également le sujet d&rsquo;une intervention d’André Glucksmann. Jean-Marie Domenach et Paul Thibaud nous ont parlé de l’impact que le mouvement de Solidarność avait en France. Plus tard, sous la  loi martiale, en 1982 ou 1983, Michel Foucault et Simone Signoret sont venus avec un convoi humanitaire. Il n’ont pas donné de conferences, mais je me souviens la petite réception  au domicile de Jean Baisnée où, assis sur le tapis avec Michel Foucault et Simone Signoret, nous avons discuté  de je ne sais plus quoi, mais certainement plutôt de la vie des Polonais que de la « mort de l’homme ».</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà donc quelques réflexions sur les inspirations françaises de cette pensée polonaise libre ou &laquo;&nbsp;pensée libérée&nbsp;&raquo; des années 70 et 80. Je pourrais  peut-être citer d’autre noms. Mais  le meilleur moyen d&rsquo;ennuyer, c’est de vouloir tout dire . Je laisse donc de côté, non sans  regret, des noms tels qu’Hélène Carrère d’Encausse, Francais Furet, René Rémond, Jacques Ellul,  André Frossard. Je conclurai en exprimant la conviction qu’en inspirant la pensée libérée,  les Français ont contribué aussi à notre action et ont donc leur part dans notre cheminement vers la Troisième République de Pologne qui, aujourd’hui, est un pays libre, démocratique, stable, membre de l’UE, et qui passe plutôt bien le dur examen de la crise.</p>
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		<title>La pensée politique française en Pologne: une présence séculaire</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 07:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités de la CFP]]></category>
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		<description><![CDATA[Barbara Miechowka Secrétaire générale de la CFP Présence de la pensée politique française en Pologne Pour cette année 2012, la Communauté Franco-Polonaise a choisi  pour thème principal de ses conférences l&#8217;influence culturelle de la France en Pologne. Le thème nous a été proposé par Maciej Morawski, un  ardent admirateur de &#8230; <span class="continue-reading"><a href="http://www.communaute-franco-polonaise.org/?p=1172">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a></span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Barbara Miechowka</p>
<p>Secrétaire générale de la CFP</p>
<p align="CENTER"><strong>Présence de la pensée politique française en Pologne</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Pour cette année 2012, la Communauté Franco-Polonaise a choisi  pour thème principal de ses conférences l&rsquo;influence culturelle de la France en Pologne. Le thème nous a été proposé par Maciej Morawski, un  ardent admirateur de la culture politique française, ce qui est une tradition dans sa famille. En effet, son père, Kajetan Morawski, qui, après une carrière de diplomate au service de la 2ème République de Pologne, devint ambassadeur du gouvernement polonais de Londres  auprès de la France libre de 1943 à 1945, puis fut ambassadeur du gouvernement polonais en exil auprès de la France de 1945 à 1969,  a assisté à la naissance du projet de construction de l&rsquo;Europe politique et a  alors prôné une &laquo;&nbsp;Europe cuisinée à la française&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc à la mémoire de Kajetan Morawski que nous dédions notre cycle de conférences de cette année.</p>
<p align="JUSTIFY">Précisons ce que nous entendons par cette &laquo;&nbsp;cuisine à la française&nbsp;&raquo; qui pourrait convenir à l&rsquo;Europe. <span id="more-1172"></span> Il ne s&rsquo;agit pas de souscrire à une tradition  qui au cours du 20ème siècle a amené la France à nourrir l&rsquo;illusion paresseuse que sa culture était une culture<strong> </strong>universelle dont  le monde entier reconnaissait la suprématie.  Car cette illusion, qui avait déjà montré ses limites en 1939,  conduit à la stagnation actuelle du projet politique européen dont la France se voulait pourtant  porteuse. Il  s&rsquo;agit plutôt de montrer que l&rsquo;expérience polonaise ainsi que celle de l&rsquo;Europe centrale peuvent donner des leçons de méthode pour construire le projet politique européen autour de valeurs, dont certaines furent incontestablement formulées  pour la première fois par des penseurs français et furent ensuite enrichies ou fécondées par une expérience vécue différente de l&rsquo;expérience française. Car   il est un fait que, à ces moments de l&rsquo;histoire où la Pologne était soit rayée de la carte de l&rsquo;Europe, soit sous tutelle soviétique,  les Polonais  ont puisé dans les évolutions de la pensée française des éléments inspirateurs de leur  propre renouveau politique. C&rsquo;est cette façon fructueuse de puiser chez d&rsquo;autres pour  créer du nouveau que nous voudrions montrer.</p>
<p align="JUSTIFY">Le phénomène a été étudié au cours d&rsquo;un colloque intitulé  <strong><em>L&rsquo;autre francophonie,</em></strong><em></em>  organisé par  Joanna Nowicki et Catherine Mayaux en juin 2010 à l&rsquo;université de Cergy-Pontoise. Ce colloque a montré que les intellectuels d&rsquo;Europe Centrale ont  fait fructifier leur connaissance de la culture française et de ses traditions humanistes pendant la période communiste et ont créé des courants de pensée féconds en retombées positives pour toute l&rsquo;Europe, puisque, pour la première fois de sa longue histoire,  sa carte politique a été modifiée sans intervention armée en 1989. Tirant les conséquences de ce constat, au cours de la présentation des actes de ce colloque ( <strong><em>L&rsquo;autre francophonie</em></strong><em></em>, édités chez Champion)  à Cracovie en octobre 2012, Paul Gradvohl, actuellement  directeur du Centre de culture  française de l&rsquo;université de Varsovie, a présenté à  son auditoire polonais le projet de construire une communauté intellectuelle des Européens qui ne serait pas dominée par une francophonie à visée hégémonique, mais une francophonie qui produirait une polyphonie<strong> </strong>des  diverses cultures et des diverses langues européennes, à la façon de Montaigne<strong>,</strong> ce Montaigne qui utilisait le patrimoine intellectuel des auteurs grecs et latins redécouvert au 15ème siècle pour réfléchir les bouleversements du monde auxquels il assistait.</p>
<p align="JUSTIFY">Cette polyphonie, bien que mise en sourdine au cours de 45 ans de domination soviétique sur la moitié de l&rsquo;Europe, n&rsquo;a rien de  nouveau. Car l&rsquo;histoire du continent européen, c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un long passé de circulation des idées à<strong> </strong>travers l&rsquo;Europe, et plus particulièrement la circulation des idées politiques françaises, notamment en Pologne. On peut rappeler ici le 18ème siècle, celui où &laquo;&nbsp;<strong>l&rsquo;Europe parlait</strong> <strong>français&nbsp;&raquo;</strong>, pour reprendre le titre d&rsquo;un ouvrage de Marc Fumaroli, et montrer comment les Polonais ont puisé dans les nouvelles idées politiques apparues en France<strong> </strong>au 18ème siècle,<strong> </strong>dans le but de préserver la République nobiliaire de Pologne de<strong> </strong>l&rsquo;autocratie russe. En effet, en 1768, les aristocrates polonais se liguèrent dans la Confédération de Bar contre le roi Stanislas-Auguste Poniatowski,  un roi réformateur qui cherchait de nouvelles solutions institutionnelles pour remédier à la faiblesse de l&rsquo;état polonais, mais  dangereusement dépendant de la volonté hégémonique du voisin russe. Les Confédérés de Bar se tournèrent alors vers des philosophes français comme Jean-Jacques Rousseau ou l&rsquo;abbé de Mably pour leur demander de proposer des réformes qui préserveraient la tradition de<strong> </strong>liberté politique propre à la monarchie élective polonaise. Ainsi virent le jour deux textes rarement édités: <strong><em>Considérations sur le gouvernement de Pologne et sa réformation projetée</em></strong><em></em>, de Jean-Jacques Rousseau en 1771, puis en 1776 <strong><em>Du Gouvernement et des lois de Pologne</em></strong><em></em> de l&rsquo;abbé de Mably. La diffusion de ces deux textes en Pologne ouvrit une nouvelle période au cours de laquelle partisans et opposants du roi Poniatowski négocièrent pendant la Diète de 4 ans pour aboutir au vote de la Constitution du 3 mai 1791, qui ne fut annulée que par le recours aux armes et un second partage de la Pologne.</p>
<p align="JUSTIFY">Mais, il y a une période de l&rsquo;histoire des idées politiques encore plus mal connue en France, celle qui va du troisième  partage de la Pologne à la reconstitution d&rsquo;un état polonais indépendant.  Pourtant, au cours du 19ème siècle, les nouvelles idées politiques françaises ont toujours été présentes en Pologne: ainsi, au Congrès de Vienne et dans les années qui l&rsquo;ont suivi,  les Polonais ont  réussi à maintenir une constitution dans le Duché de Varsovie devenu Royaume du Congrès, puis se sont ouverts au mouvement du socialisme français représenté par des penseurs comme Fourier ou Proudon, qui eurent beaucoup plus d&rsquo;influence que Marx en Pologne. La constitution polonaise de 1921 était calquée sur celle de la troisième République Française. Quant à la constitution polonaise de 1935, qui avait pour but de remédier aux insuffisances  du  modèle adopté en 1921, le général de Gaulle l&rsquo;a étudiée quand  il s&rsquo;est penché sur la réforme de la constitution de la 4ème République et y a trouvé quelques sources d&rsquo;inspiration.  Cette tradition  française était toujours présente en Pologne après 1945, malgré les tentatives de destruction systématique des nazis puis des soviétiques. Elle  a servi de source d&rsquo;inspiration à  des Polonais comme Leszek Kolakowski, par exemple, pour construire une analyse percutante du système  soviétique.</p>
<p align="JUSTIFY">Il était utile de faire ce très bref rappel avant de donner la parole à Henryk Wozniakowski,actuellement président des Editions Znak et dans un passé récent un acteur du renouvellement de la pensée politique polonaise qui a conduit à la Table Ronde de 1989 et au premier remodelage de la carte politique de l&rsquo;Europe qui se soit produit sans intervention armée.Il nous montrera le phénomène de poprosité des diverses cultures de l&rsquo;Europe à travers l&rsquo;exemple du rôle de la critique française du communisme auprès des intellectuels polonaisdans les années où se sont développées les éditions clandestines en Pologne. <span style="font-size: large;"> </span></p>
<p align="JUSTIFY">Puisse la prise de conscience de cette circulation  permettre de trouver un nouvel élan à un projet politique qui, à l&rsquo;heure actuelle,  ne peut plus  être une nouvelle variante de projet impérial, mais ne peut être qu&rsquo;un projet issu de la multiplicité des cultures européennes, une multiplicité qui repose sur des fondements communs. Puisse  aussi ce rappel se montrer salutaire pour l&rsquo;avenir de l&rsquo;enseignement des langues: pour l&rsquo;enseignement du polonais en France et celui du Français en Pologne, ce dernier étant dans une situation catastrophique, ce que nous montre l&rsquo;exposé de Anna Darska. Car &#8211; faut-il rappeler cette évidence?-, si la pensée philosophique comme la pensée politique française eurent une influence considérable en Pologne pendant deux siècles, cela s&rsquo;explique aussi par le fait que les élites polonaises maitrisaient parfaitement la langue française, avaient donc un accès direct aux textes et avaient également des traducteurs.</p>
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