» Les chemins de la liberté », un film à voir!

A la fin janvier est sorti en France un remarquable film américain « Les Chemins de la Liberté », réalisé par l’Australien Peter Weir, (déjà bien connu par des films comme «Le cercle des poètes disparus» ou «Witness»).
Cette fois-ci le réalisateur prend pour héros un jeune Polonais qui, avec quelques autres prisonniers d’un goulag stalinien, va s’évader, traverser une partie de la Sibérie, de la Mongolie, du Tibet pour atteindre l’Inde où ils pourront enfin être en sécurité. Les fuyards devront donc parcourir à pied des milliers de kilomètres, dans le froid, puis dans le désert, enfin sur les sommets de l’Himalaya, rencontrant maints dangers en route. Le scénario permet donc de réaliser un film d’aventures qui respecte toutes les règles du genre. Les paysages sont sublimes. Les aventures donnent le frisson sans relâche. On a froid avec eux, on a peur avec eux, on a soif dans le désert avec eux, on espère avec eux!
L’intérêt de ce film, pour les Polonais comme pour les Français, est qu’il évoque une page d’histoire longtemps passée sous silence : les horreurs du stalinisme qui a fait tant de mal à de nombreux peuples et notamment au peuple polonais.
Ainsi le héros principal : Janusz est un jeune officier de la cavalerie polonaise. Il a été capturé par les Soviétiques lorsque en 1939 Staline a agressé par l’Est la Pologne déjà envahie par les Allemands à l’Ouest. Il est alors déporté dans un camp de Sibérie, après que sa propre épouse, torturée, ait témoigné qu’il s’est rendu coupable d’espionnage. Découvrant les conditions abominables de vie des prisonniers en Sibérie, Janusz n’a plus qu’une idée : s’évader. Profitant d’une tempête de neige, il réussit à s’enfuir du camp avec quelques autres – un Américain, un prêtre lithuanien, un autre Polonais, artiste, un Yougoslave, auxquels vient s’ajouter le bandit Vakal. Ils vont être rejoints en chemin par une toute jeune fille, une Polonaise enfuie d’un kolkhoze, qui les supplie de l’accepter dans leur groupe.
La troupe va atteindre la rive du lac Baïkal pour parvenir à la frontière Mongole. S’apercevant que la Mongolie est elle aussi devenue communiste, ils devront continuer leur périple vers d’autres pays, traverser le désert de Gobi, où deux d’entre eux meurent, puis le Tibet. Enfin, ils atteindront, épuisés, l’Inde.
Ce film est adapté du livre de Slawomir Rawicz intitulé « A marche forcée » (The long walk), réédité par les éditions Phébus. Rawicz a présenté son ouvrage comme un récit autobiographique, ce qui a fait l’objet d’une controverse. En effet, s’il est certain que l’auteur a bien été officier dans la cavalerie polonaise, qu’il a été capturé par les Soviétiques lors des accords entre Staline et Hitler en 1939, puis que, comme des centaines de milliers de Polonais à l’époque, il a été déporté dans un camp de Sibérie d’où il a tenté de s’évader, il apparaîtrait cependant qu’il soit, quant à lui, sorti du goulag en 1942 quand la rupture de l’alliance entre fauteurs de guerre contraint Staline à se tourner vers Churchill et Roosevelt et à libérer les prisonniers polonais. De ce fait, certains assurent que c’est plutôt  l’aventure vécue par son compatriote Witold Glinski que Rawicz a relatée dans son livre.
Peu importe en définitive que le personnage principal du film ait pour prénom d’origine Slawomir, Witold ou Janusz. Le périple et ses aventures impressionnantes a bien eu lieu . Et le contexte historique – le goulag stalinien – est on ne peut plus vrai. Le film, en grande partie grâce aux paysages spectaculaires, transcende le destin particulier d’un individu et le transforme en destin de héros d’épopée auquel le spectateur s’attache. Et la scène finale, où Janusz rejoint sa femme et lui pardonne, est bouleversante.
Le film est encore joué dans les grandes salles de Paris et de France, mais n’attendez pas trop longtemps pour le voir avant qu’il ne disparaisse des salles !

WordPress theme: Kippis 1.12